Hubert, agriculteur français reçu par le pape : "J'improviserai"

Hubert, agriculteur français reçu par le pape : "J'improviserai"

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INITIATIVE INSOLITE - Hubert Marin, 54 ans, fera parti mercredi d'une délégation de producteurs de lait européens reçus par le pape François à Rome. Metronews l'a interrogé avant cette visite très particulière.

Quand on lui a dit qu'il irait voir le pape au Vatican, Hubert Marin, 54 ans, est d'abord resté circonspect : "Que vais-je bien pouvoir aller faire là-bas ?" Mais après cette première réaction de surprise, ce producteur laitier de Chanu, dans l'Orne, confie à metronews s'être rendu compte que ce voyage à Rome avait "du sens". "Le pape François prend position sur beaucoup de sujets, et notamment sur l'économie", souligne l'agriculteur normand, qui s'est empressé de lire le récent recueil d'interventions du souverain pontife sur le thème, "Cette économie qui tue". Car justement, c'est d'économie qu'il veut lui parler mercredi matin.

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Lors de cette célébration suivie d'une audience, Hubert Marin ne devrait pas pouvoir s'adresser directement au souverain pontife, au mieux à ses conseillers : ils seront au total 120 producteurs laitiers européens, dont quatorze Français appartenant aux syndicats OPL ou Apli (c'est le cas de notre agriculteur), à participer à cette visite organisée par l'European Milk Board dont ils sont membres. Que dira ce "catholique non pratiquant" au Saint-Père s'il parvient malgré tout à lui glisser quelques mots ? "J'improviserai", sourit-il.

Ils ne viendront pas les mains vides

Son discours est en tout cas bien rôdé. Comme ses collègues français et européens, Hubert Marin veut alerter le pape sur la détresse des éleveurs laitiers et la nécessité de remettre en place "une régulation" du secteur. Depuis la fin des quotas laitiers en Europe le 1er avril dernier, les hausses de production couplées à une faible demande ont en effet fait plonger les prix du litre de lait, à moins de 30 centimes aujourd'hui. "En 30 ans de carrière, je n'ai jamais vu ça, assure Hubert Marin, qui exploite avec son associé, une ferme de 140 hectares et 70 vaches. En 2015, sur les dix premiers mois de l'année, nous sommes à moins de 31.000 euros sur les quelque 400.000 litres de lait produits jusqu'ici". Résultat, celui qui se versait jusqu'ici "un bon smic" n'a "quasiment plus aucun revenu".

Les producteurs laitiers ne viendront pas les mains vides au Vatican. "Le pape François apprécie beaucoup l'économie sociale et solidaire, puisqu'il vient des pays sud-américains où c'est assez développé. Nous allons donc lui présenter notre lait équitable Faire France , en même temps qu'on va lui offrir un panier de tous les produits laitiers équitables européens", explique Hubert Marin. Qui compte bénéficier, en ayant ainsi l'oreille d'une voix "qui reste importante", d'un "appui précieux" pour le lobbying des éleveurs au niveau européen. En espérant que sa prière soit exaucée.

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