Hygiène féminine: une pétition réclame une meilleure information sur la composition des tampons

Hygiène féminine: une pétition réclame une meilleure information sur la composition des tampons

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PETITION - Une étudiante a lancé au mois de juillet une pétition réclamant un accès plus facile à la composition des tampons hygiéniques. Jusqu’à présent, les marques de protections féminines ne sont pas obligées de rendre ces informations publiques.

Mélanie, 19 ans, se bat pour la transparence. Etudiante en histoire à la Sorbonne, elle est marquée, fin juin, par l’histoire de Lauren Wasser, mannequin américaine amputée d’une jambe après avoir utilisé un tampon et contracté le syndrome du choc toxique (SCT). Le récit d’une terrible expérience qui fait le tour de la presse et pousse Mélanie à faire ses petites recherches sur les étals de son supermarché.

"Un jour, pendant mes courses, je me suis arrêtée au rayon hygiène féminine et j’ai constaté qu’aucune marque n’indiquait la composition des tampons sur l’emballage. C’est à ce moment que j’ai décidé de mettre en ligne une pétition."

Cette pétition, hébergée sur Change.org , interpelle Tampax, "une marque emblématique des protections féminines" explique Mélanie. Son but : "rendre visible les compositions des tampons de la marque Tampax." Mise en ligne au début du mois de juillet, elle stagne à 300 signatures. Mais ce week end du 15 août, elle est brusquement montée à plus de 10.000 soutiens.

EN SAVOIR + >> Lauren Wasser : la mannequin qui a perdu sa jambe à cause d'un tampon hygiénique 

Beaucoup de marques, zéro information

La prise de conscience de milliers de femmes qui ont soigneusement détaillé les emballages stockés dans leur salle de bain? De notre côté, en tout cas, nous sommes allés vérifier au supermarché du coin . Au rayon des tampons, une multitude de marques s’étale devant nous. Avec ou sans applicateur, parfumé ou nature… Il y en a pour tous les goûts et tous les flux. Mais sur aucune boîte, d’aucune marque, nous n’avons pu trouver un descriptif de la composition. Seule une phrase, déclinée en plusieurs langues, apparait systématiquement : "Attention, Les tampons sont associés à une affection rare mais grave appelée Syndrome du Choc Toxique (SCT)."

Sur le site internet de la marque Tampax , même constat. Une foire aux questions détaille le SCT et les bons réflexes. Mais toujours rien sur une éventuelle liste de composants. "Aujourd’hui, les femmes ne sont pas informées de la composition d’un produit qu’elles utilisent en grande majorité, dans des circonstances qui leur apparaissent banales, sans se poser de questions. Or, on pourrait très bien mettre du poison dans notre intimité sans le savoir. Ça fait peur."

Les tampons, c'est l'industrie du papier

Interrogée par metronews, la marque se justifie : "Nous respectons la législation française et européenne en vigueur. Parce que nous appartenons à l’industrie du papier, nous ne sommes pas obligés de notifier la composition de nos produits sur les emballages, contrairement à l’alimentaire ou aux cosmétiques, par exemple", détaille ainsi Julie Dubost, responsable communication pour Tampax. "Afin de connaître la composition exacte de nos tampons, la cliente peut appeler notre service consommateurs", ajoute-t-elle.

L’industrie du papier concerne différents produits absorbants, comme l’essuie-tout, les mouchoirs ou encore le papier toilette. Est-il logique qu’un produit aussi intime que le tampon bénéficie de la même législation? Pour Mélanie, certainement pas. "J’espère que cette pétition provoquera un électrochoc jusqu’au ministère de la Santé", termine la jeune femme.

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