Iasmina, 21 ans : "J'ai vécu dans un camp rom, je suis aujourd'hui en CDI"

Iasmina, 21 ans : "J'ai vécu dans un camp rom, je suis aujourd'hui en CDI"

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INTERVIEW - Iasmina a 21 ans. Il y a encore trois ans, elle vivait dans un camp rom à Corbeil-Essonnes. Aujourd'hui, elle a décroché un CDI dans une association pour laquelle elle s'occupe d'animer des ateliers à destination des enfants des camps de l'Essonne. Elle raconte son parcours à metronews.

D'où venez-vous ?
Je suis arrivée en France à l'âge de 14 ans. En Roumanie, je n'allais plus à l'école. Là-bas, collèges et lycées sont payants, mes parents n'avaient pas les moyens. J'ai habité trois ans dans le camp de Moulin-Galant, à Corbeil-Essonnes, où habitaient 200 familles. Plusieurs enfants étaient scolarisés, moi j'avais trouvé un service civique dans une association. Mais la police nous a évacués en mars 2013 .

Que s'est-il passé ensuite ?
Nous avons été hébergés huit jours en hôtel avec mon compagnon et ma petite fille, encore bébé à l'époque.

Où habitez-vous désormais ?
J'ai eu la chance d'être embauchée en CDI le 24 septembre 2013, par l'association Intermèdes Robinson. Grâce à ce contrat, j'ai obtenu un logement HLM. Avec l’association, nous développons des ateliers à destination des camps roms de l'Essonne, notamment Wissous et Champlan. Ma fille est justement scolarisée à l'école maternelle de cette commune.

Dernièrement, ces deux camps ont fait parler d'eux, notamment avec le refus du maire de Champlan (Essonne) d'inhumer un bébé sur sa commune. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Une procédure d'expulsion est en cours sur ces deux camps où la situation reste très dure. À Champlan, les enfants scolarisés ont été accusés de véhiculer des maladies infectieuses , on a fait en sorte qu'ils ne viennent plus à l'école. Et à Wissous, même si le maire a accepté d'enterrer le bébé, la situation n'est pas rose pour autant. Très peu d'enfants sont scolarisés alors que les familles font la demande depuis des mois !*

* Contactée par la rédaction, la mairie de Wissous a précisé que trois enfants étaient scolarisés sur la commune, qui fournit également de l'eau potable et a lancé une campagne de vaccination sur le camp. Une procédure d'expulsion a été engagée par le propriétaire des lieux, qui est une personne privée.

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