Il y a trois ans, un SMS de Ruth Elkrief a sauvé Jérôme Lavrilleux du suicide

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CONFIDENCE - Dans un entretien au Monde, l'ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy Jérôme Lavrilleux revient sur ce qui a suivi ses aveux sur le plateau de BFMTV en mai 2014. L'homme raconte notamment avoir eu envie d'en finir avant de recevoir un texto de Ruth Elkrief.

C'était le lundi 26 mai 2014. Ce jour-là, Jérôme Lavrilleux passe aux aveux sur le plateau de BFMTV et reconnaît que les comptes de campagne Nicolas Sarkozy en 2012 ont été truqués via des fausses factures entre l'UMP et Bygmalion. En larmes devant la journaliste Ruth Elkrief, l'ex-directeur adjoint de campagne de Sarkozy prend toute la responsabilité sur ses épaules. Trois ans après, il est revenu sur ce douloureux épisode dans un entretien accordé au Monde. "L’émotion et les larmes, c’est parce que je suis fatigué, explique-t-il au journal (...). Au fur et à mesure, je m’aperçois qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible". 

L'émission terminée, il explique avoir pris la route en direction de son domicile de l'Aisne : "Là où je mets normalement une heure et demie, j'ai mis presque quatre heures ! Parce que j'ai pleuré tout le long de la route, mon téléphone sonnait sans arrêt, sans arrêt, je n'ai répondu à personne".

"Une chose est sûre, c'est que ce soir il y aura eu un mort"

L'homme dit alors s'être installé devant sa télévision pour regarder les éditorialistes débattre de son cas. Une phrase le marque tout particulièrement. "Il y en a un qui dit, à propos de moi : 'Une chose est sûre, c’est que ce soir il y aura eu un mort', détaille Jérôme Lavrilleux dans les colonnes du Monde. Le présentateur, gêné, répond : 'Enfin, façon de parler…' Et l’autre reprend : 'Oui, oui, façon de parler… Quoique.' Ça, je l’ai dans la tête. Je l’aurai toujours dans la tête.

La  pression se fait de plus en plus forte. Le lendemain matin, son téléphone ne cesse de sonner et ses parents - qui vivent à quelques kilomètres de chez lui - sont harcelés par les journalistes. "Je me suis dit : 'Je n’en peux plus, j’arrête'. Chez moi, j’ai une grange, alors j’y suis allé. Là, j’ai pris une grosse corde, et je l’ai passée sur une poutre…".

Jérôme, ça doit être très dur, mais il fera beau demain.- Le SMS de Ruth Elkrief

Son portable sonne à nouveau. Jérôme Lavrilleux reçoit un message d'un journaliste de l'AFP qui lui dit de tenir bon. Il ne renonce pas pour autant. Il reçoit alors un deuxième message, de Ruth Elkrief celui-là : "Jérôme, ça doit être très dur, mais il fera beau demain.” Jérôme Lavrilleux décide de laisser la corde sur la poutre. "Ça s’est vraiment joué à pas grand-chose", confie-t-il aujourd'hui.

Ruth Elkfrief a confirmé l'existence de ce message au journal Le Monde : "J’avais appris qu’il n’allait pas bien depuis l’interview, ça m’avait touchée. Je me devais d’être à la hauteur humainement, pas seulement professionnellement". Son SMS lui a en tout cas sauvé la vie.

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