Île d'Oléron : ils volent au secours du coq Maurice, accusé par des vacanciers... de chanter trop tôt le matin

Île d'Oléron : ils volent au secours du coq Maurice, accusé par des vacanciers... de chanter trop tôt le matin
SOCIÉTÉ

PROBLÈME DE VOISINAGE - Sur l’île d’Oléron, une guerre oppose des vacanciers à Corinne et son jeune coq Maurice, coupable de chanter trop tôt le matin. Une pétition a été lancée pour le soutenir, qui recueille déjà 30.000 signatures.

Une île. Les vacances. Les doigts de pied en éventail, ente l’apéro et le bain de mer. Que demander de plus ? Pourtant, ces vacanciers installés sur l’île d’Oléron pour l’été ne sont pas satisfaits. Et même carrément énervés. Motif de leur courroux ? Maurice, vraiment trop bruyant. Maurice, c’est le coq de leur voisine, Corinne Fesseau, un mignon petit bipède âgé de deux ans, race coq de Marans. Car que fait un coq ? Il chante au lever du soleil, chaque matin, vers 6 h. C’est sa nature. Mais c’est justement ce qui dérange les voisins de la résidence secondaire attenante. Ce chant du coq tous les matins, c’est sacrément énervant.

Dans ce petit bout de terre de l’Ouest de la France, une petite guerre des tranchées s’est donc lancée depuis le début de l’été. "Depuis une dizaine d'années, deux maisons se sont également accolées derrière notre mur et sur les deux voisins, un seul (qui ne vient que trois fois par an) ne supporte entendre le chant de notre coq Maurice qui sert à la reproduction", peut-on lire dans le texte de la pétition lancée en soutien à l'animal.

Plaintes et lettres recommandées

Le voisin est d’abord venu se plaindre en mai dernier, puis en juillet. Corinne a aussi reçu une lettre recommandée envoyée par un conciliateur juridique, qui la menace de poursuites en justice si aucune solution n’est trouvée. 

Corinne a pourtant tenté d’en trouver, des solutions, pour atténuer les effets secondaires des cordes vocales de Maurice. Elle a ainsi tenté de l’enfermer tous les soirs très tôt dans sa cabane, bien calfeutré, pour qu’il ne perçoive pas la lumière du jour avant 8 h 30. Ce qui ne marche, Corinne le reconnaît, qu’à moitié. Autre solution, elle a tapissé les murs du poulailler de boîtes d’œufs en carton, un isolant phonique même utilisé dans les cours des musique... Mais visiblement, cela n’a pas suffi.

Au cours de l’été,  Corinne a même reçu une lettre anonyme, accompagnée d’une cartouche. L’histoire prenant d'un coup une tournure ubuesque...

Corinne ne se laisse pas démonter. Si elle a été conciliante au début, elle ne veut pour autant pas faire taire son Maurice. Elle a ainsi lancé un véritable comité de soutien : une pétition "Il faut sauver Maurice le coq de l'île d'Oléron", qui a déjà recueilli près de 30.000 signatures ; elle publie régulièrement des tribunes sur son combat sur sa page Facebook. Elle a lancé une marche de soutien pour Maurice dans le village, et envisagé d’imprimer des tee-shirts à l’effigie de "Maurice d’Oléron", dont les bénéfices seraient reversés à des associations de protection animale. "Ces gens ne sont là que pour leurs vacances donc tout le quartier me donne raison", écrit Corinne dans sa pétition. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ?  Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent ? Les cloches qui sonnent ?"

La résistance s’organise, donc. Et le maire semble bien pencher du côté du gallinacée. Il est prêt à prendre un arrêté municipal pour défendre la bête, au cas où la justice serait saisie.  "Un arrêté municipal pour protéger un coq ça serait certainement une première, s'amuse-t-il, interrogé par France Bleu La Rochelle. "Ici, je considère qu'on est dans un tissu rural, le chant du coq fait partie de ces éléments, je protégerai le coq pour défendre notre façon de vivre, tout simplement".

Le chant intempestif du coq, qui pose des problèmes aux citadins venus profiter de la quiétude de la campagne n’est pas une première. Mais la problématique ressort de plus en plus, et se règle parfois devant la justice... Comme, pour un autre type de bête, le cas des époux Pecheras, en Dordogne, condamnés à combler leur mare, dont les grenouilles faisaient un coassement bien désagréable aux oreilles des voisins. Pour en revenir aux gallinacées, à Jarnac, cet été, pour le même"problème"  que Corinne, une autre solution, a été trouvée : convoquée par un conciliateur de justice, Germaine, 81 ans, a dû faire garder ses coqs, le temps de l’été, chez son fils, parce qu’ils empêchaient sa voisine de dormir, rapporte la Charente-Libre. 

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Dans le midi, c’est un autre problème qui se pose, comme le rapporte Cécile sur la page Facebook de Corinne : "Ici, les touristes se plaignent des cigales ! Je ne suis pas provençale de naissance mais Dieu que c’est beau ce chant des cigales ! Tout autant que les coqs et autres sons de la campagne." Alors elle lance cet appel : "Messieurs et Mesdames les citadins et autres mal lunés, soit vous restez sur les grandes villes et dont aurez droit aux klaxons, coups de freins et autres sons et odeurs de la ville sans oublier l’air pollué, ou bien achetez-vous des boules Quiès !"

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