Île-de-France : les rats sont plus résistants aux raticides et porteurs de parasites transmissibles à l'homme

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RAPPORT - Ce lundi, une vidéo sur le ras-le-bol des éboueurs publiée par Le Parisien relance le débat sur les problèmes sanitaires créés par les rats à Paris. A la fin de l'année dernière, des chercheurs français avaient étudié plusieurs rongeurs capturés dans un parc francilien. Ils affirmaient qu'ils posaient un réel problème de santé publique.

Ce lundi 22 janvier, Le Parisien a publié sur son site une vidéo des éboueurs de Paris excédés par la présence de rats dans la capitale.  A cette occasion, nous republions cet article du 26 octobre 2017.


Il n'est pas tâche aisée de l'éradiquer car il est un animal à l'exceptionnelle adaptabilité. Une équipe composée de chercheurs de l’Inra, de VetAgro Sup et de l’Institut Pasteur a attrapé des rats dans un parc d'Île-de-France. Après étude, elle estime que ces rongeurs sont en majorité plus résistants aux raticides.


"C'est très compliqué d'attraper des rats vivants dans les villes car ils ont beaucoup de ressources, donc ils ne s'intéressent pas forcément aux pièges et sont méfiants", indique Gwenaël Vourc'h, chercheuse à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Finalement, les scientifiques sont parvenus à prendre 86 rats (qui ont été euthanasiés pour permettre leur examen) des deux sexes et de tous âges. Cette information a été repérée par Sciences et Avenir.

Cette capture a permis aux chercheurs de trouver des traces de raticides dans le foie de 48% des rats (bien que l'utilisation de tels produits soit interdite dans les parcs) selon les résultats de l'étude publiée en septembre 2017 dans la revue PlosOne. Les chercheurs ont découvert qu'ils sont 56% de ces animaux à être génétiquement plus résistants. "Ces éléments laissent notamment supposer que des rats rejoignent le parc depuis l'extérieur où ils ont pu consommer des raticides", souligne l'Inra. 

L'étude des rats par les scientifiques a permis aussi de découvrir que ces animaux sont porteurs de nombreux parasites transmissibles à l'homme. Ils ont identifié pas moins de 16 genres parasitaires différents chez les rats examinés : "huit espèces de vers, trois espèces de puces, un protozoaire et quatre genres bactériens", égrène l'Inra. Et la grande majorité des rats (88%) abritait au moins deux parasites. Sept de ces organismes sont potentiellement responsables de maladies chez l'homme et les animaux. 


Les chercheurs ont notamment identifié le ver plat Hymenolepis diminuta (ténia du rat), la bactérie Francisella tularensis (agent de la tularémie) ou encore des bactéries du genre Leptospira responsables de la leptospirose et dont le rat est le principal réservoir. Ces découvertes posent "la question de la potentielle transmission de ces maladies aux personnes - notamment aux enfants - et aux animaux qui fréquentent ce parc", relève la chercheuse spécialiste des maladies animales.


Ils espèrent que cette étude permettra d'améliorer les techniques de lutte contre ces animaux afin de mieux gérer leur population et d'éviter toute transmission de parasites.

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