Ils ont fui la Syrie pour la France : la nouvelle vie d'Ali avec les siens

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EPISODE 7 - LCI suit Ali Tarabein, un réfugié syrien de 38 ans, depuis son arrivée en France il y a un an. Alors qu’il était parvenu à faire venir sa femme et ses trois jeunes enfants fin juin, nous avons repris de ses nouvelles en cette rentrée. Et elles sont bonnes.

Nous l’avions quitté il y a deux mois à l’issue d’émouvantes retrouvailles : deux ans après avoir fui Damas pour leur chercher un point de chute en Europe, Ali Tarabein venait d’accueillir sa femme Reem et ses trois jeunes enfants à l’aéroport d’Orly. 


Comment les choses ont-elles évolué depuis pour ce Syrien, dont nous suivons les (més)aventures depuis son arrivée parmi les premiers réfugiés en provenance d’Allemagne il y a tout juste un an ? "Plutôt bien", assure-t-il de son éternelle voix souriante lorsque nous le contactons par téléphone ce mercredi. 

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"Les enfants sont heureux !"

Ali rêvait de poser ses valises en région parisienne. Il a finalement dû revoir ses plans et repartir avec les siens à Narbonne, où un appartement lui avait été dans un premier temps alloué dans le cadre d’un contrat conclu avec les services de l’immigration quelques mois après son arrivée en France. Un retour à reculons : lorsque nous étions allés le voir sur place au début de l’année, il s’était confié sur sa solitude et ses difficultés d’intégration. 

Désormais  épaulé par ceux qui lui manquaient tant, son regard sur la ville et sur son logement excentré, un  trois pièces "vide" de 50m2, s’est adouci, même s’il peste contre "des dealers qui trafiquent devant (s)a porte". "Cela n’a pas toujours été facile cet été, raconte-t-il toutefois. Les journées ont parfois été ennuyeuses car nous n’avions pas beaucoup d’activités à proposer aux enfants. Mais tout va mieux depuis qu’ils vont à l’école".

Car oui, depuis la semaine dernière, Maryam, 9 ans, son frère de 5 ans Mohammed et leur petite sœur Sahara ont rejoint les bancs de l’école française (l’aînée en CE2, les deux autres en maternelle). "Ils ne parlent pas encore la langue. Mais cela devrait être vite le cas. Les instituteurs et les autres enfants sont super avec eux,  ils sont heureux !", s’enthousiasme Ali. 

Un réseau informel d’entraide… et un job

Lui non plus, comme Reem qui a entamé les démarches pour obtenir à son tour le statut de réfugié,  ne maîtrise pas encore le Français - "avec l’accent du Sud, je comprends encore moins", lâche-t-il . Mais tous deux reçoivent deux fois par semaine des cours par une femme, professeure, qui leur a spontanément proposé son assistance.

Autour d’eux en effet, un réseau informel d’entraide s’est créé. "Une voisine marocaine nous a donné une télévision, un médecin algérien rencontré à l’hôpital une machine-à-laver. ..Beaucoup de gens veulent aider les Syriens !", salue Ali, qui souligne ne solliciter le soutien d’aucune association. Et grâce à ces nouveaux amis, il a enfin trouvé un travail. 

"Depuis hier mardi, je fais le ménage six heures par jour dans une usine d’embouteillage de vin d’un village de la région", explique celui qui possédait une entreprise de négoce agricole à Damas. Un job temporaire d’un mois, payé 9 euros de l’heure, mais qui pourrait, lui a-t-on promis, déboucher sur du durable. Seule difficulté, s’amuse-t-il , pour s'y rendre, il rejoint la gare de Narbonne à vélo :  "Je n’en faisais jamais en Syrie, j’ai manqué plusieurs fois de me casser la figure !". Mais on fait confiance à ce réfugié décidément débrouillard pour trouver rapidement l'équilibre sur sa bicyclette.

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