Ils pourraient faire prochainement leur apparition chez nous : comment fonctionnent les péages urbains en Europe ?

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PROJET - Selon Les Echos, l'idée d'instaurer des péages urbains dans les grandes villes pourrait faire partie de la future loi sur les mobilités, prévue au printemps prochain. En Europe, plusieurs pays sont déjà concernés par ce système, quand d'autres privilégient progressivement les vélos.

Déjà évoquée par le passé, l’idée d’instaurer des péages urbains dans l’Hexagone, et notamment à Paris, fait doucement mais sûrement son chemin. Selon une information glanée par Les Echos mardi, la future loi sur les mobilités, prévue pour le printemps, pourrait ainsi permettre l’instauration de multiples mesures, parmi lesquelles de nouveaux outils en vue de "réguler et organiser les transports."


Selon le quotidien économique, l’exécutif compte en effet "faciliter" la mise en place de péages urbains en France. Interrogée par Les Echos sur le sujet, la ministre des Transports Elisabeth Borne a confirmé cette tendance : "Aujourd'hui, la loi donne déjà cette possibilité aux collectivités locales, mais seulement à titre expérimental et pour trois ans, ce qui est trop court au vu des investissements à consentir. Il faut y remédier." De son côté, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, avait affirmé en octobre dernier qu'elle ne voulait pas de "péage urbain" pour entrer dans la capitale, tout en se disant intéressée à l'idée "d'aller plus loin" dans l'interdiction des véhicules les plus polluants. Mais qu’en est-il de nos voisins européens, nombreux à avoir franchi le pas ces dernières années ?

50 hectares de voies piétonnes à Bruxelles

Parmi les pays les plus au fait de cette pratique, les nations du nord de l'Europe font office de référence, que ce soit les Pays-Bas, la Belgique ou encore la Suède. Ainsi, Amsterdam, la capitale néerlandaise, a d'ores et déjà interdit les véhicules diesel et instauré un maximum de rues piétonnes dans le centre-ville afin de limiter l'accès aux voitures. En octobre dernier, Le Monde indiquait qu'une carte de résident dans la "Venise hollandaise" pouvait coûter jusqu'à 600 euros par an à l'automobiliste, afin de se garer dans la ville.


Outre les Pays-Bas, leurs voisins belges ont également mis les bouchées doubles pour faire barrage aux véhicules dans leurs grandes métropoles. Bruxelles est par exemple composée de plus de 50 hectares de voies piétonnes, ce qui fait de la ville la plus grande zone européenne interdite aux voitures. De nombreux boulevards et rues y sont donc définitivement fermés à la circulation. 

Un péage urbain instauré à Londres depuis 2005

En Allemagne, les deux plus grandes villes du pays sont également sensibilisées aux émissions de CO² des véhicules. 

Berlin a ainsi mis en place une zone urbaine à faible émission de près de 88 km² dans le centre-ville et a banni de cette zone les véhicules essence et diesel ne répondant pas aux critères instaurés. A Hambourg, le nombre de voitures va quant à lui être réduit de façon drastique, avec un projet nommé "réseau vert" qui a pour but de couvrir la ville d'espaces verts tels que des parcs, des cimetières ou des terrains de jeu, à hauteur de 40%.


Au Royaume-Uni, Londres a instauré un péage urbain depuis 2005 : tous les véhicules de particuliers y sont soumis à un forfait de 13 euros par jour. Ce forfait a même été majoré d'une surtaxe de 11 euros depuis octobre dernier pour les véhicules construits avant 2006. Les motos, taxis et véhicules roulant à l'aide d'un carburant alternatif échappent en revanche à cette contrainte. Si le Royaume-Uni prévoit d'interdire les diesel d'ici à 2040, un chantier d'ampleur de construction de pistes cyclables est en cours à Londres, avec pas moins de 25 couloirs prévus à cet effet.


Parmi les autres villes européennes ayant mis en place un péage et qui ont fait l'objet d'une étude de l'Ademe : Milan, qui a réduit du tiers son trafic automobile depuis 2008 et revendique une baisse de la pollution, Stockholm, où le trafic aurait également diminué de 22% en dix ans. S'agissant de Londres en revanche, l'impact sur le trafic et la pollution semble plus difficile à mesurer. 

Copenhague mise massivement sur les vélos

A Madrid, une partie du centre-ville, près de 2 km², devrait être inaccessible aux voitures d'ici à 2020. En attendant, la grande avenue de la capitale espagnole, "La Gran Via", ne sera plus accessible aux voitures à l'horizon mai 2019, qui laisseront la place aux bus, taxis et vélos. Près de 24 rues devraient également être transformées en zones piétonnes, avec une amende de 90 euros pour les conducteurs ne respectant pas les règles de circulation.


Plus au nord de l'Europe, Oslo avait annoncé en 2015 son intention d'interdire d'ici 2019 les voitures de son centre-ville, alors que Copenhague a décidé de miser massivement sur les vélos, avec un objectif de 50% de circulation de ce mode de transport d'ici à 2025, avec des travaux d'aménagement estimés à 134 millions d'euros et un plan de "superautoroutes" pour les bicyclettes. La capitale danoise a également instauré une limitation de vitesse à 40 km/h dans l'ensemble de la ville.

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