Ils sont 11 millions en France : qui sont les aidants familiaux (dont vous faites peut-être partie sans le savoir) ?

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SOLIDARITÉ - Vendredi 6 octobre, se tient la 8e Journée nationale des aidants, ces personnes qui apportent un soutien à leurs parents ou à leurs enfants, tout en travaillant. Ils constitueraient 70% des 40 à 64 ans.

Un père ou une mère vieillissant qui perd son autonomie et que vous devez aider, un enfant en situation de handicap dont vous devez vous occuper. Peut-être êtes-vous un aidant, c’est-à-dire que vous intervenez régulièrement, à titre non professionnel, pour accomplir une partie ou la totalité des actes de la vie quotidienne d’une personne en perte d’autonomie, du fait de l’âge, de la maladie ou d’un handicap. Tout un chacun peut devenir un jour aidant.  


Alors que la Journée nationale des aidants se tient vendredi, la fondation Médéric Alzheimer a lancé un baromètre, pour mieux cerner leurs profils. Le point. 

Qu’est-ce qu’un aidant ?

Les aidants, ce sont des hommes ou femmes, qui, tout en travaillant, vont aider un proche en perte d’autonomie. 15% de la population active serait concernée, environ 11 millions de proches aidants. L’âge moyen des aidants est de 53 ans, 53% sont des femmes, et 74% vivent en couple. 68% ont une activité professionnelle. Mais, d’après l’étude,  "une grande majorité d’entre eux ne se reconnaissent pas comme tels encore aujourd’hui et ils sont très majoritaires à ne pas recourir aux aides mises à leur disposition : près de 60% des aidants ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles leur proche et eux-mêmes ont droit. "

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De la solidarité de proximité pour les personnes âgées

Quelle aide apportent-ils ?

Les tâches effectuées par les aidants pour un proche sont  très variées et parfois très lourdes : pratiquer des soins, faire sa toilette, faire les courses, faire le ménage, prendre les rendez-vous médicaux ou encore effectuer les démarches administratives ou gérer le placement du proche dans un centre de soins, une maison de retraite.


Deux aidants sur trois soutiennent le proche au moins une fois par semaine. 23% des aidants interviennent tous les jours. En moyenne chaque aidant effectue deux tâches pour soutenir leur proche : des tâches administratives (dans 49% des cas), des tâches ménagères (48%), de la surveillance, (26%), des soins personnels (13%), gestion du budget (23%). Mais la plus grosse marque d’aide est difficilement comptable : il s’agit de soutien moral, dans 53% des cas. 

Quelles conséquences posent le fait d’être aidant ?

Pour les aidants qui travaillent, cette aide peut avoir des conséquences sur la vie professionnelle. C’est le cas pour un aidant sur 5, d’après l’étude diligentée par la fondation Médéric Alzheimer. Que ce soit le fait de refuser une mobilité géographique (8% des cas), réduire son temps de travail (6%), refuser des heures sup’ ou un retour à temps plein (4%), voire arrêter son activité professionnelle (3%). 

Comment ressentent-ils l’aide qu’ils apportent ?

Voici un "top 3" des sentiments les plus déclarés par les aidants : ils ont  peur de ce que l’avenir réserve à leurs proches (à 41%), ils sentent que leur proche est dépendant d’eux (30%), ils sentent qu’ils sont la seule personne sur laquelle compte leur proche pour prendre soin de lui (24%).

Quels sont les besoins des aidants ?

D’une manière générale, ils souhaiteraient plus d’aide. Pour 91% des personnes interrogées, l’Etat devrait davantage soutenir les aidants, via des congés payés, des indemnités, une formation. L’Etat devrait attribuer une allocation financière aux membres de la famille aidant régulièrement des personnes âgées dépendantes pour 86% des personnes. 

Quelles sont les aides mises à disposition ?

Régions, départements, CCAS, CLIC, mutuelles, associations, caisses de retraite... Les structures sont pourtant nombreuses pour leur apporter un soutien matériel, financier ou humain. Mais les aidants sont souvent démunis face à la complexité des démarches, la multitude des organismes, et surtout, n’ont pas le temps : près de 6 aidants sur 10 ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Ils ne sont que 55 % à avoir contacté un organisme pour les aider. 37 % se débrouillent entièrement seuls.


Pour ceux qui accompagnent une personne âgée, la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement a notamment instauré en mars 2016 un "droit au répit", qui permet d'obtenir auprès des départements une aide de 500 euros par an pour financer un accueil ponctuel du proche dépendant. Mais la mesure a tardé à se mettre en œuvre. Pour Florence Leduc, présidente de l'Association française des aidants, l'instauration de ce droit est une mesure "symbolique mais très importante", car elle marque une reconnaissance de ces personnes, "de plus en plus nombreuses".

A quoi sert la Journée nationale des aidants ?

C’est justement pour informer qu’existe la Journée des aidants. La 8e se tient vendredi 8 octobre, et a pour objectif de mettre en lumière le rôle clé joué par les acteurs locaux en faveur des aidants. Des centaines d’événements sont organisés partout en France, pour aller à la rencontre des structures engagées auprès des aidants. Un site internet et une ligne téléphonique (09 69 39 74 70) dédiée aux aidants  sont également mis en place, pour s’informer sur les droits, les aides existantes et les démarches à effectuer.

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