IMAGES - Du billet rose au Pass Navigo : retour sur l’histoire du ticket de métro parisien

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ARCHIVES - En 2019, le ticket T+ disparaîtra : de la vie des poinçonneurs en passant par la disparition de la 1re classe jusqu'aux premières bandes magnétiques ou la révolution de la carte orange, retour sur les 118 ans d'existence du ticket de métro parisien, en images.

Après 118 ans d'existence, le ticket de métro parisien arrive au terminus de sa vie. Deux nouveaux passes pour voyager dans les transports publics franciliens seront lancés l'an prochain, avec en ligne de mire la suppression progressive de l'historique ticket de métro en carton. 


Île-de-France Mobilités souhaite ainsi défendre l'intérêt écologique de ces nouveaux titres de transport, qui éviteront de retrouver jetés dans la rue une partie des 550 millions de tickets utilisés chaque année. Retour sur l'histoire du ticket de métro parisien.

1903

La première ligne du métro parisien est ouverte en juillet 1990 et relie la Porte de Vincennes à la Porte Dauphine. Pour l'emprunter, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) propose des tickets vendus à l'unité ou en carnet. Le rose pour la première classe est vendu 20 centimes ; le jaune clair (en photo ci-dessous) pour la deuxième classe coûte 15 centimes et enfin le vert, pour un aller-retour en seconde classe, nécessite 20 centimes.


Après la Première guerre mondiale, en 1919, le ticket de métro augmente et le prix en première classe passe à 30 centimes tandis que la seconde est à 20 centimes.

Ticket de métro de 1903 - Format 57 mm x 30 mm

1926

L'alphabet tarifaire fait son apparition en 1926. Comme le rappelle le blog Histoire du ticket de métro, chaque nouvelle augmentation sera désormais matérialisée par une lettre : A, B, C... Dans le même temps, les billets allers-retour sont supprimés au profit de la "carte hebdomadaire de travail". Un ticket valable pour 12 voyages au prix unique de 10 francs.


Un nouveau tarif pour les mutilés de guerre apparaît après la Seconde guerre mondiale : le ticket est vendu 60 centimes contre 1,15 francs pour la première classe et 70 centimes pour la seconde classe. Il faudra attendre 1948 pour que les familles nombreuses bénéficient, elles aussi, d'un tarif réduit.

Ticket de métro de 1920 - Format 57 mm x 30 mm

1950

En 1951, les tarifs ont bondi et l'on est arrivé à la lettre S. Un ticket de métro en seconde classe est désormais vendu 20 francs et un ticket en première classe 30 francs. Pour l'anecdote, la RATP (anciennement CMP) a décidé de passer directement du tarif P au S sans utiliser le Q et le R. Certains disent qu'il s'agissait d’éviter les plaisanteries pour ce qui est de la lettre Q et de ne pas risquer de pouvoir maquiller un P en R en ajoutant un simple trait.


En 1958, le tarif V fait son apparition accompagné d'une nouvelle couleur : havane pour la seconde classe et vert pour la première. La même année, Serge Gainsbourg interprète sa célèbre chanson "Le poinçonneur des Lilas", qui raconte les états d'âme d'un poinçonneur travaillant tous les jours au bout de la ligne 11.

Ticket de métro de 1950 - Format 57 mm x 30 mm

1973

En 1973, les fameux poinçonneurs disparaissent et la bande magnétique à l'arrière des tickets (désormais jaune citron) fait son apparition. La même année, des portiques automatiques et des tourniquets sont installés dans toutes les stations pour permettre aux voyageurs de composter eux-mêmes leurs tickets.


Dix ans plus tard, la RATP lance une campagne de publicité et fait du ticket de métro un objet "chic et choc". "T'as le ticket chic, t'as le ticket choc. Tic et tic et toc, tic tac toc tic et tic et toc (...) Démarquez-vous, prenez le deuxième voiture", entend-t-on notamment dans le spot. On y voit aussi une mannequin porter le ticket jaune dans son chapeau ou sur une bague. La classe.

Ticket de métro de 1973 - Format 55 mm x 30 mm

2001

La dernière étape de la transformation du ticket de métro est entamée en 2001 avec l'arrivée progressive du Pass Navigo, une carte avec abonnement. "Son utilisation est facile, puisqu'il n'est pas nécessaire de sortir son titre de transport de son sac ou de son porte-feuilles", écrivait l'AFP à son sujet en octobre de la même année.


Le ticket t fait son apparition en janvier 2003. De couleur mauve, il est désormais utilisable sur les réseaux de bus de banlieue gérés par l'un des 80 transporteurs privés regroupés dans l'organisme OPTILE. En 2006, la région Ile-de-France valide la mise en place du ticket "multimodal" valable pendant une heure et demie dans tous les transports (métro, RER, bus, trains de banlieue...). C'est le ticket +.

2007

Il faudra attendre 2007 pour que la dernière version connue du ticket de métro apparaisse : le ticket +. Valable dans la limite de 90 minutes entre la première et la dernière validation, il est censé faciliter les correspondances pour les transports de surface. Il ne permet pas en revanche d'utiliser une correspondance entre métro et bus, métro et tram, RER et bus et RER et tram.


 Son introduction s'effectue à l'occasion de la traditionnelle augmentation des tarifs au 1er juillet. Le ticket passe à l'unité de 1,40 à 1,50 euro et par carnet de 10 de 10,90 à 11,10 euros.

Ticket de métro de 2007, encore en vigueur en 2018  - Format 65 mm x 30 mm

2019

Aujourd'hui, il semblerait que le ticket de métro soit donc bel et bien condamné d'ici à 2019. Utilisé via la carte Navigo, le premier pass, baptisé "Navigo Liberté" et qui sera lancé en octobre 2019, permettra notamment de se déplacer en bus, métro, tram et RER dans Paris et de réaliser des correspondances bus-métro et tram-métro, avec un tarif pour chaque voyage correspondant au prix actuel en carnet.


Le second pass, appelé "Navigo Easy" et plutôt dédié aux voyageurs occasionnels, permettra aux usagers de charger des titres de transports (tickets à l'unité ou en carnet, forfait Navigo jours, etc.). Cette carte sans contact sera lancée en avril 2019 et vendue au prix de 2 euros, hors trajets. Le ticket de métro est mort, vive le ticket de métro.

Tous les tickets de métro de 1900 à aujourd'hui

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