Impôts, prestations sociales : et maintenant, tout le monde est plus pauvre...

Impôts, prestations sociales : et maintenant, tout le monde est plus pauvre...

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ETUDE - D’après l’Insee, les nouvelles mesures sociales et fiscales intervenues en 2014 diminuent le revenu moyen des ménages de 0,5%. Elles s’expliquent notamment par une hausse de l’impôt sur le revenu, ciblé sur les plus aisés. Ces nouvelles mesures réduisent cependant légèrement les inégalités de niveau de vie.

Oui, les inégalités s’atténuent un peu. Mais en tirant tout le monde vers le bas. L’Insee vient de publier une étude sur l’impact des prestations et prélèvements en 2014, sur les revenus des ménages Français. Le gouvernement Hollande a en effet mis en œuvre plusieurs mesures, à la fois au niveau de ce que les Français paient à l’Etat, et sur les aides qu’ils peuvent percevoir, avec pour objectif de réduire le déficit public. 

Deux constats : les inégalités se lissent, un peu : la réforme pénalise les 50% des ménages les plus aisés, et épargne les 10% les plus modestes. Mais de manière générale, le niveau de vie des ménages a chuté de 0,5%. Ce qui fait environ 5 milliards d’euros en moins dans la poche des Français. "Sans les mesures prises par le gouvernement, les prélèvements auraient été plus faibles pour les ménages (-1,9%) et les prestations sociales légèrement plus élevées (+0,1%)", explique Marie-Cécile Cazenave, de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) et auteure de l'étude.

Plusieurs leviers d'action pour collecter de l'argent

Comment a fait l'Etat pour faire payer davantage les Français ? En actionnant plusieurs leviers. Le plus important est celui de l'impôt sur le revenu. Sa hausse a permis d’amasser une jolie cagnotte de 2,7 milliards d’euros, soit 3,8% de recettes supplémentaires pour l’Etat. Quelque 13 millions de ménages ont vu cet impôt augmenter. L’impact est toutefois "plus limité qu’en 2013", rappelle l’Insee : l’an dernier, l’impôt sur le revenu dans son ensemble avait augmenté de 15% par rapport à 2012.

Deux autres mesures, "particulièrement rentables", ont aussi élargi l’assiette de l’impôt sur le revenu pour certains actifs : le financement de l’employeur à l’assurance de santé complémentaire est désormais taxé - touchant 7, 6 millions de ménages salariés -, tout comme la majoration de la pension de retraite pour les ménages ayant élevé trois enfants ou plus, auparavant exonérée de taxe – touchant 4 millions de ménages. Au total, ces deux mesures font gagner 2 milliards d’euros à l’Etat.

L’Etat a cependant voulu limiter l’impact de cette réforme sur les ménages les plus faibles, via une réduction exceptionnelle d’impôt pour 3 millions de ménages. Et les plus aisés sont aussi ciblés plus que les autres, notamment via une baisse du quotient du plafond familial. Du coup, au final, les inégalités s’atténuent entre les plus aisés et les plus pauvres : "Du fait des nouvelles mesures, le niveau de vie moyen des 10% les moins favorisés augmente légèrement, tandis qu’il reste globalement stable pour la moitié la plus modeste des ménages", indique l’Insee. "Le niveau de vie moyen diminue pour la moitié la plus aisée, et la baisse est plus marquée dans le haut du panier ( - 0, 9% pour les 10% les plus aisés). Le lissage des situations reste cependant modeste : le rapport entre le niveau de vie moyen des 10% les plus aisés et celui des 10% les plus modestes est de 6,32. Il aurait été de 6,40 sans la réforme.

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