Inceste : une association lance une campagne de communication pour faire changer la loi

Image d'illustration d'un enfant victime de violences

CRIMES SEXUELS - L'association Face à l'inceste lance ce jeudi une campagne de communication pour demander de réécrire la loi et créer une infraction spécifique à l'inceste.

Faire de l'inceste une infraction spécifique. C'est ce que réclame l'association Face à l'inceste, qui lance jeudi 21 janvier une campagne de communication pour que la loi soit réécrite. Elle souhaite qu'un mineur de moins de 18 ans victime d'inceste n'ait plus à prouver qu'il n'était pas consentant. 

Aujourd'hui, une condamnation pour viol ou agression sexuelle suppose que les juges démontrent l'absence de consentement à travers les notions de "violence, menace, contrainte ou surprise" de la part de l'auteur. "Il s’agit d’arrêter de demander à un enfant, au même titre qu’un adulte, s’il était consentant à ces actes. Arrêter de lui demander s’il était d’accord pour avoir des actes sexuels avec un membre de sa famille. Par ailleurs, cela envoie un message symbolique : les enfants doivent se protéger eux-mêmes, ils ne peuvent pas compter sur la loi. C’est tout bonnement insupportable et ça fait 20 ans qu’on lutte contre cette aberration légale", estime Isabelle Aubry, présidente de Face à l’inceste.

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Es-tu seulement sûr d'avoir dit 'non' ?-

Dans le spot vidéo de la campagne, un enfant victime raconte vivre perpétuellement "deux cauchemars". Le dessin animé renvoie dos à dos le prédateur sexuel ("Ombre dans la nuit, c'est quand toute la maison dort qu'il se glisse dans mon lit"), et le magistrat "censé protéger" l'enfant, mais qui lui demande : "Es-tu seulement sûr d'avoir dit 'non' ?".

Avec cette campagne, l'association appelle les Français à signer sa pétition (qui recueille déjà plus de 35.000 signatures) pour faire changer la loi. Elle demande à ce que "tout acte sexuel incestueux commis sur un(e) mineur(e) [soit] qualifié de crime incestueux et puni par la loi sans qu’un hypothétique 'consentement' de la victime ne soit examiné". En outre, l'association souhaite que "tout acte sexuel non incestueux commis sur un(e) mineur(e) de moins de 15 ans [soit] qualifié d’infraction pédocriminelle sans que le critère additionnel de 'menace, surprise, contrainte ou violence' soit nécessaire".

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Des textes allant dans ce sens, proposés par la députée socialiste Isabelle Santiago et bientôt par la députée LaREM Alexandra Louis, seront bientôt examinés à l'Assemblée nationale. Ce 21 janvier le Sénat examine une proposition de loi visant à interdire toutes les relations sexuelles entre un majeur et un mineur de moins de 13 ans. Un âge qui ne convient pas à l'association Face à l'inceste.

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