Inceste : une campagne pour "changer la loi"

Inceste : une campagne pour "changer la loi"

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CAMPAGNE - Le Collectif féministe contre le viol lance une campagne sur l’inceste. Objectif : briser l'un des plus grands tabous de la société française et inscrire l'inceste dans le code pénal.

Inceste, un mot qui dérange ? Pour le Collectif Féministe contre le viol (CFCV), qui vient de lancer une campagne de communication intitulée "Inceste. Changeons la loi", la réponse ne fait aucun doute. Le terme "n'apparaît même pas dans le Code pénal, rappelle à metronews Emmanuelle Piet, présidente de l'association. Pourtant, on estime que deux millions de personnes* en sont victimes en France. Soit un enfant par classe".

Considéré comme une circonstance aggravante du viol, l'inceste est puni de vingt ans de réclusion criminelle. Mais la notion d'"actes incestueux" commis sur des mineurs inscrite dans la loi du 8 février 2010 a disparu un an plus tard : le Conseil constitutionnel a estimé que la définition des membres de la famille pouvant être poursuivis à ce titre était trop imprécise. Le CFCV milite donc pour réintroduire le terme dans le Code pénal et de ne plus avoir "à démontrer la contrainte quand un mineur est agressé sexuellement". Et Emmanuelle Piet de rappeler l'évidence : "Un enfant n'est jamais consentant".

"Un des crimes les moins punis"

Un clip de 35 secondes a ainsi été lancé mardi sur Internet et sera diffusé la semaine prochaine à la télévision. Il retrace la journée d'une petite fille jusqu'au soir où son père entre dans la chambre. "Elle fera sa première tentative de suicide à 12 ans. Tout ça parce qu'elle écoute son papa, qui lui dit que c'est normal, que tout le monde fait ça, et que les papas ont toujours raison" conclut, glaçante, une voix off.

"L'inceste a des conséquences terribles sur la santé des enfants et leur devenir d'adultes et c'est pourtant un des crimes les moins punis", déplore le docteur Gilles Lazimi qui a participé au projet. "Il faut être vigilants et attentifs aux enfants, il y a des signes patents", poursuit le médecin. Le Collectif Féministe contre le viol espère également un allongement des délais de prescription ainsi qu'une meilleure prise en compte par les pouvoirs publics de ce "tabou".

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