"Incitation au viol" : la fresque de l'hôpital de Clermont effacée

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POLÉMIQUE - La fresque affichée dans une salle de l'internat du CHU Gabriel Montpied de Clermont-Ferrand, mimant un viol collectif entre super-héros, et dénoncée par la ministre de la Santé Marisol Touraine, va être intégralement effacée, a annoncé lundi soir le porte-parole du syndicat des internes de l'hôpital.

La Wonder Woman qui subit les assauts sexuels de quatre "superhéros" va disparaître des murs de la salle des internes du CHU de Clermont-Ferrand (Auvergne). Ses bulles, faisant référence à la loi Santé de Marisol Touraine, ont, elles, déjà disparu.

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C'est l'avocat du syndicat des internes de l'hôpital qui a annoncé la mesure, tout en précisant que la fresque en elle-même, existait depuis une quinzaine d'années. Les bulles avaient été rajoutées il y a quelques jours, puis effacées, devant l'ampleur qu'avait pris la polémique. La ministre de la Santé, particulièrement visée, l'avait qualifiée de "particulièrement choquante", y voyant une "incitation au viol inacceptable".

Suites judiciaires

"En accord avec le doyen de la faculté de médecine, la direction du CHU a décidé que cette fresque sera intégralement effacée dans les prochains jours, a-t-il précisé. Le président du syndicat des internes de Clermont-Ferrand regrette la diffusion de cette peinture murale qui n'avait pas vocation à sortir de la sphère privée. Il condamne l'image dégradante des femmes et des médecins qui est véhiculée et assure qu'à aucun moment la ministre de la Santé n'est représentée dans ce détournement déloyal et choquant"

La direction du CHU a quant à elle indiqué dans un communiqué que des "suites juridiques adéquates, disciplinaires, voire judiciaires sont engagées à l'encontre du ou des auteurs présumés responsables de ces agissements inacceptables et condamnables".

La décoration des salles de garde et d'internats avec des fresques grivoises ou pornographiques relève d'une tradition solidement ancrée dans l'univers hospitalier, dont l'origine et la signification sont décrites dans plusieurs ouvrages savants. L'association Osez Le Féminisme, qui avait la première repéré la fresque , a demandé "le retrait de toute trace de fresque représentant des violences faites aux femmes dans les salles de garde", soulignant que "cette représentation n'est pas un cas isolé".

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