"Incitation au viol" : la fresque de l'hôpital de Clermont-Ferrand fait polémique

SOCIÉTÉ
SEXISME – La photo d'une fresque murale peinte au sein de la salle de garde des internes de l'hôpital de Clermont-Ferrand suscite l'indignation des féministes. Wonder Woman y est représentée en train de subir les assauts sexuels de quatre superhéros, les auteurs de cette image-choc dénonçant ainsi leur opposition à la loi santé.

Marisol Touraine a fait savoir qu'elle était "très choquée", son entourage dénonçant "une incitation au viol inacceptable". Et pour cause. La photo de la fresque recouvrant un mur de la salle de garde des internes du CHU de Clermont-Ferrand, qui a circulé dimanche sur les réseaux sociaux, est particulièrement violente. Flash, Superman, Batman et Superwoman y sont représentés en train d'assaillir sexuellement Wonder Woman… Et les bulles qui accompagnent cette image de bande dessinée sont tout aussi explicites : "Tiens, la loi santé !!!", "Prends-la bien profond !!", "tu devrais t'informer un peu !", y disent les superhéros à leur victime.

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"Cette fresque existe depuis au moins quinze ans"

L'image, publiée puis retirée ce week-end de la page Facebook du collectif " Les médecins ne sont pas des pigeons ", a provoqué l'indignation des féministes. "Les médecins utilisent la représentation d’un viol pour montrer leur mécontentement vis-à-vis d’une ministre et de sa loi ", a ainsi dénoncé Osez le féminisme, constatant que "les bulles […] sembleraient indiquer que la femme violée, habillée en Wonder Woman, symbolise à leurs yeux" Marisol Touraine. L'association demande au Conseil de l’ordre des médecins "de faire supprimer cette fresque et de sanctionner ceux qui en sont responsables".

La secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol, est également montée au créneau pour dénoncer, sur Twitter, "ces médecins super-zéro qui se prennent pour des superhéros et font l'apologie du viol collectif".
 

Dans un communiqué lundi, le Conseil national de l'Ordre des médecins a condamné "fermement et sans réserve" cette fresque "représentant une agression sexuelle, découverte dans la salle de garde des étudiants internes du CHU de Clermont-Ferrand", et assuré qu'il veillerait à ce que des "suites appropriées" soient données à cette "affaire inacceptable".

Contactée lundi matin par metronews, la direction du CHU de Clermont-Ferrand n'a de son côté pas donné suite à nos demandes d'explications. Le Syndicat autonome des internes en exercice des hôpitaux de Clermont-Ferrand a été peine plus disert. "Les internes vont sans doute publier un communiqué mais, en attendant, je ne ferai aucun commentaire. Tout ce que je peux vous dire, c'est que cette fresque existe depuis au moins quinze ans", nous a indiqué notre interlocutrice. Les textes des bulles s'opposant à la loi santé auraient donc été ajoutés récemment.

EN SAVOIR + >> La fresque a finalement été retirée

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