Indemnités chômage après une démission : dans quels cas y aura-t-on droit ?

DirectLCI
PROMESSE TÉNUE - S’il doit être voté définitivement mardi, l’examen du texte "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" a été achevé par les députés dans la nuit de vendredi à samedi. Il consacre la promesse d’Emmanuel Macron d’ouvrir l’indemnisation chômage aux salariés qui démissionnent, mais à des conditions très restrictives qui limitent sa portée. Les voici.

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Les députés ont achevé dans la nuit de vendredi à samedi l’examen du texte qui étend l’indemnisation chômage aux salariés démissionnaires, avant un vote solennel mardi. La promesse est donc tenue, mais à des conditions très restrictives, loin de l’assurance chômage "universelle" évoquée lors de la campagne en contrepartie d’un contrôle renforcé des chômeurs.


Un salarié qui démissionne pourra désormais toucher des allocations chômage à deux conditions : 

-Avoir travaillé sans interruption pendant les cinq années précédentes

-Présenter un projet de reconversion ou de création ou reprise d'entreprise. Ce projet sera examiné par une commission paritaire interprofessionnelle régionale, qui évaluera sa pertinence pour le compte de Pôle emploi, et validera donc l'ouverture des droits au chômage.

20.000 à 30.000 personnes par an

Ainsi encadrée, cette extension ne devrait finalement concerner que 20.000 à 30.000 personnes par an, selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui justifie ainsi les limites du texte : "Il ne faut pas pousser les gens à démissionner mais accompagner ceux qui ont un projet”.

Mais cette forte restriction est vivement critiquée par la gauche, qui dénonce une promesse "piétinée" du candidat Macron. De la parole aux actes, le gap est considérable", a notamment jugé le porte-parole du PS Boris Vallaud, qui dénonce une réforme qui "fait pschitt".


Aujourd’hui, quelque 70.000 démissions par an donnent déjà lieu à des indemnités chômage, à titre dérogatoire, quand elles sont reconnues comme “légitimes” : rupture du contrat de travail pour suivre son conjoint, pour suivre son enfant handicapé admis dans une structure éloignée, en cas de non-paiement de salaires, etc. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter