Le premier centre de déradicalisation en France serait désormais... vide

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DJIHADISME - Ouvert en septembre, le centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté de Pontourny (Indre-et-Loire) était censé accueillir jusqu'à 25 jeunes en voie de radicalisation pour les remettre dans le droit chemin. Selon Europe 1, il n'y a plus aucun pensionnaire dans l'établissement, qui peinait depuis ses débuts à trouver des volontaires pour se déradicaliser.

Le centre de déradicalisation de Pontourny, en Indre-et-Loire, premier du genre à avoir ouvert en France, serait désormais vide, révèle Europe 1 ce jeudi. La radio affirme que le dernier pensionnaire du centre, entré en décembre, a quitté les lieux mercredi 8 février, jour de sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour violences et apologie du terrorisme.

"Son passage de quelques semaines a eu l’effet inverse de celui recherché. L’encadrement avait noté qu’il vivait le programme comme du prosélytisme anti-islam et qu’il semblait se radicaliser d’avantage. Son rejet de la France tendait à s’amplifier", affirme l'article d'Europe 1.

Je ne crois plus vraiment dans ce centre- Laurent Baumel, député d'Indre-et-Loire

Ce centre était destiné, selon le ministère de l'Intérieur, aux "jeunes majeurs de moins de 30 ans en début de processus de radicalisation et non engagés dans des actions violentes", mais surtout aux "volontaires". Selon les autorités, le château de Pontourny devait accueillir jusqu'à 25 pensionnaires d'ici début 2017. En réalité, ils n'ont jamais été plus d'une demi-douzaine. En cause : le manque de candidats à la déradicalisation.

En plus de cette pénurie de volontaires, le centre avait été marqué par un précédent incident. Le 20 janvier 2017, un ex-pensionnaire a été interpellé à Wissembourg (Bas-Rhin), lors d'une opération antiterroriste, rapportait Le Monde. Toujours selon le journal, "la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait émis un avis négatif sur l’admission de cet homme de 24 ans au centre de Pontourny".

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Contacté par LCI, le ministère de l'Intérieur ainsi que la préfecture d'Indre-et-Loire n'ont pas confirmé les informations d'Europe 1 avant la parution de cet article, ni souhaité s'exprimer sur l'avenir de l'établissement. Le député d'Indre-et-Loire Laurent Baumel, joint également par LCI, "ne confirme ni n'infirme" ces révélations, mais dit "ne plus croire" dans ce centre de déradicalisation.

"On nous a dit que l'expérience méritait d'être tentée, car il existe des gens sous influence qui peuvent être volontaires pour s'en sortir sans pour autant être dangereux", estime le député. "Mais l'Etat a eu tendance à transgresser ces critères et à faire venir des gens qui peuvent être dangereux." Et de conclure : "Nous, notre problème, c'est la sécurité des riverains."

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JT 20H - Comment fonctionnent les structures de suivi de déradicalisation ?

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