INFO TF1/LCI - Attentats de Bruxelles : la piste d’une "cellule dormante" en France évoquée

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RÉVÉLATIONS - Le commando des attentats belges de mars 2016 comptait sur des "frères" basés en France pour frapper l’Hexagone avec d’autres attentats. Des documents versés récemment au dossier d’instruction, auxquels nous avons eu accès, semblent démontrer la présence d’une cellule terroriste en France.

Le disque dur n’en finit pas de livrer des secrets, parfois glaçants. En fouillant l’ordinateur portable du commando des attentats de Bruxelles, les services de renseignement belges ont trouvé la trace d’une "potentielle cellule terroriste présente en France", dans des documents transmis à leurs homologues français.

 

L’origine de cette information sensible s’appelle "Carved001884", du nom du fichier audio retrouvé dans cet ordinateur, découvert au fond d’une poubelle de la rue Max-Roos à Schaerbeek – la planque de l’équipe - dans la foulée des attentats suicides contre l’aéroport et le métro bruxellois.

  

Les enquêteurs ont vite mis un nom sur la voix entendue dans ce fichier audio :  celle de Najim Laachraoui, l’artificier de ces attaques comme de celles du 13-novembre à Paris. Dans des conversations enregistrées entre le 15 février et le 15 mars 2016, l’Islamiste radical belge discute via Internet avec "Abou Ahmed",  l’un de ses commanditaires. Cet "émir" a depuis été identifié comme étant Oussama Atar, un djihadiste belge de 32 ans actuellement en Syrie.

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"Frapper" la France plutôt que la Belgique

Au cours de cette conversation, Najim Laachraoui demande à cette vieille figure du djihadisme si les "frères" toujours présents en France sont encore opérationnels. Le futur kamikaze de l’aéroport de Zaventem aimerait qu’ils soient formés à la confection de "produits". "Afin qu’ils puissent fabriquer à leur tour des explosifs, être armés et mener des attaques", résument les policiers belges.

 

L’artificier confie que lui comme certains de ses complices préféreraient "frapper" la France plutôt que la Belgique, celle-ci pouvant servir de "base de repli" une fois l’attentat commis. Ces "frères" français peuvent y louer des appartements servant de planques car ils connaissent bien les lieux, argumente en substance Najim Laachraoui, qui plaide pour éviter les allers-retours entre la France et la Belgique, trop dangereux à ses yeux.

 

Cette possible cellule terroriste basée en France n’a, à ce jour, toujours pas été identifiée.

L’émission "C’est pas sorcier", un modèle pour le commando

L’exploitation de l’ordinateur a par ailleurs mis au jour des milliers de documents écrits, audio ou vidéo faisant l’apologie du terrorisme et du djihadisme. Najim Laachraoui, Mohamed Abrini et les frères El Bakraoui ont également exploré le web pour apprendre les techniques de surveillance et de contre-surveillance, mais aussi les sports de combat ou encore la fabrication de faux documents.

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Mais d’autres mots-clefs tapés sur des moteurs de recherche font, a posteriori, froid dans le dos : "bombe à fragmentation",  "une histoire du plutonium" ou encore "bombes humaines".

 

Le commando avait également enregistré sur l’ordinateur trois émissions de "C’est pas sorcier", l’ancien magazine de vulgarisation scientifique de France 3. Les épisodes retrouvés portaient sur les usines à risques, ainsi que les centrales et les alertes nucléaires.

Tout le monde est cramé"- Najim Laachraoui

Najim Laachraoui  - dont l’ADN a été retrouvé sur des gilets explosifs utilisés au Bataclan et au Stade de France – écrit à sa mère quelques jours avant de se faire exploser. Il lui raconte cautionner les attentats du 13-novembre et leurs 130 morts. Le terroriste lui explique qu’il ne s’agit que châtiment d’Allah contre les bombardements français en Irak ou en Syrie, ainsi que contre le prétendu soutien de l’Etat français à Israël. Najim Laachraoui interdit à sa mère de considérer ses complices morts au Bataclan, au Stade de France, au Comptoir Voltaire ou dans l’appartement de Saint-Denis comme des "suicidés"  mais comme "des martyrs , des héros".

  

Le dernier enregistrement date du 21 mars 2016, 24 heures avant les tueries de Bruxelles. Najim Laachraoui, cerné et aux abois depuis l’arrestation, trois jours plus tôt, de son ami Salah Abdeslam dans le quartier de Molenbeek, annonce à "Abou Ahmed" sa mort prochaine et celle de ses complices :  "La situation est telle qu’on ne peut plus, on ne peut plus retarder quoi que ce soit, tu vois (…). On doit travailler le plus vite possible et on a décidé de travailler inch'allah demain, mardi 22 mars, demain mardi 22 mars inch'allah. En matinée, parce qu’on n’a plus de planque de sécurité, il n’y a plus personne, etc… Tu vois, il n’y a plus de frère pour la logistique, etc… Tout le monde est cramé tu vois (…) Toutes les photos sont sorties, etc. "

 

Najim Laachraoui tiendra parole. Le lendemain, lui et ses complices feront 32 morts avant de faire exploser leurs gilets-explosifs.

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