Inondation : comment les musées parisiens font face à la crue de la Seine

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VIGILANCE - En raison de l'augmentation du niveau de la Seine, qui pourrait atteindre 6,20 mètres samedi, les musées à proximité du fleuve sont sur le qui-vive. Le Louvre a annoncé ce mercredi 23 janvier qu'une partie du département des Arts de l’Islam serait temporairement fermée.

Quand la Seine monte, le moral de certains musées parisiens baisse. Selon les autorités, le niveau du fleuve pourrait ainsi atteindre 6,20 mètres samedi, soit plus que lors de la précédente cure en 2016, au grand dam des établissements culturels situés à proximité. Certains ont pris les devants dès ce mercredi : le département des Arts de l’Islam du Louvre, Orsay ou l'Orangerie, par exemple. Des lieux bien rodés à l'exercice.


Le niveau bas du département des Arts de l’Islam du Louvre est fermé à titre préventif au moins jusqu’à dimanche, a annoncé la direction du musée. "Des mesures de protection du Palais sont également mises en œuvre", a précisé dans un communiqué la direction du musée le plus fréquenté au monde (8,1 millions de visiteurs en 2017). La nocturne prévue jeudi est aussi reportée au 8 février, a ajouté l'établissement qui, depuis la crue de 2016, a réorganisé ses réserves et renforcé le stockage des œuvres.

En 2016, des milliers d’œuvres mises à l'abri en 48 heures

L'épisode d'il y a un an et demi avait marqué les esprits. A l'époque, plusieurs grands établissements culturels situés près de la Seine, dont le Louvre et le musée d'Orsay, avaient dû fermer leurs portes pendant plusieurs jours face à la montée de la Seine jusqu’à 6,07 m. Au Louvre, pas moins de 35.000 œuvres, soit 25% des 152.000 œuvres conservées en zones inondables, avaient été mises à l’abri en 48 heures. Un dispositif colossal, fruit d'une vaste organisation : le musée dispose depuis 2002 d'un plan de prévention des risques d'inondation, qui prévoit, notamment, de créer un fichier des œuvres devant être montées dans les étages et d'organiser des exercices réguliers. Un plan qui ne doit rien au hasard : lors des travaux d'agrandissement dans les années 1990, les pelleteuses ont creusé très profondément, notamment sous la pyramide du Louvre. Un espace qui serait menacé par la montée des eaux.

Même démarche à Orsay, qui accueille des millions de visiteurs par an. Le musée organise plusieurs exercices chaque année, et participé à l'exercice général Sequana mis sur pied en mars par la préfecture de police. Au musée du Quai Branly, qui fête son dixième anniversaire, les risques d'inondation ont été pris en compte dès sa conception : une paroi moulée est notamment enfouie à 30 mètres sous terre, et son système poreux permet de limiter la pression pour éviter qu'elle ne cède. Un plan d'évacuation ne serait déclenché que si le niveau des eaux atteignait 7,3 m à l'échelle du Pont d'Austerlitz. 

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