Inondations : ce qu'il faut savoir sur la (lente) décrue

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LES PIEDS DANS L'EAU - Le pic de crue de la Seine a été atteint dans la nuit de dimanche à lundi à Paris. La décrue s'annonce très lente.

La Seine, lentement, commence sa décrue à Paris. Enfin pas tout à fait. Le fleuve a atteint 5,84m dans la nuit de dimanche à lundi. Et il devrait rester à ce niveau élevé pendant près de 24 heures.  Un plus haut finalement inférieur à la crue de 2016 (6,10m).  "C'est une crue très lente, donc on ne peut pas parler de pic. On préfère  dire que le plateau a atteint son maximum. Il va perdurer toute la journée de  lundi avant d'amorcer une descente mardi", a indiqué à l'AFP une porte-parole  de l'organisme de surveillance Vigicrues, Rachel Puechberty.


Pourquoi c'est si lent.  La configuration même du bassin parisien (sols gorgés d'eau, faible pente) ajoutée à l'arrivée prochaine d'une onde de crue venant de la Marne et des averses attendues en milieu de semaine sont autant de facteurs qui vont rendre la décrue très lente.  "Il n'y aura pas tout de suite de franche décrue, les niveaux vont rester  élevés quelques jours", a précisé à l'AFP Mme Puechberty, de Vigicrues. Avec l'arrivée prochaine d'une onde de crue venant de la Marne, et des  averses attendues en milieu de semaine, "il faudra attendre plus d'une semaine  pour attendre des niveaux classiques pour la saison", a-t-elle ajouté.


La crue pas terminée en aval. Car la Seine continue de gonfler en aval de la capitale.  Sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra  jusqu'en début de semaine, prévoit Vigicrues, à des niveaux supérieurs à ceux  de 2016 en raison de l'apport supplémentaire de l'Oise. Une attention  particulière sera portée sur le secteur d'Elbeuf, près de Rouen, avec les  marées hautes prévues lundi. Sur l'île de Migneaux à Poissy (Yvelines), "tout le monde circule en  barque", témoignait Serge Matikhine, le président du syndicat des propriétaires  de l'île. "L'humeur est encore bonne, on a une certaine habitude: en 20 ans, on  en est à notre huit ou neuvième crue". De l'autre côté de la Seine, à Carrières-sous-Poissy, 1.400 véhicules  stationnés dans des parkings souterrains ont été déplacés dans des rues  adjacentes, selon le maire de cette commune.

    

Météo-France laissait encore dimanche soir 10 départements "en vigilance  orange en raison des crues sur les bassins de la Seine, de la Saône et de leurs  affluents". Sur la Saône, l'onde de crue se propageait dimanche entre  Chalon-sur-Saône et Tournus, avec un niveau maximum qui a été atteint dans la  journée de dimanche.


Les inquiétudes liées à un nouveau front pluvieux semblent être écartées. "Deux ou trois fronts pluvieux vont traverser le nord du pays d’ici le prochain week-end, apportant une vingtaine de millimètre en moyenne, localement jusqu’à 30 mm sur le bassin de la Marne, précise Guillaume Woznica, le monsieur météo de La Chaîne Info. Néanmoins, le niveau [de la Seine] aura commencé à baisser et ne pourra alors être supérieur à la hauteur maximale prévue la nuit prochaine." 

 Pendant la décrue, de forts courants seront à prévoir en début de semaine prochaine. "Il y a notamment le problème des embâcles [des accumulations de débris et de déchets, ndlr], rappelle Rachel PuechBerty. Ces derniers sont charriés sur le fleuve et se rassemblent notamment au niveau des pylônes sous les ponts. En raison des courants soutenus, ils peuvent à tout moment se décrocher et créer des remous localement. C’est de là que vient principalement le danger."

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