Ni pauvres ni riches : qui sont les 11,6 millions de Français "moyens" ?

Ni pauvres ni riches : qui sont les 11,6 millions de Français "moyens" ?

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ETUDE - L'Insee publie mardi un "portrait social" des ménages "médians", soit un Français sur cinq dont le niveau de vie se situe à égale distance des plus aisés et des plus pauvres. Voici le profil type de ces "Français moyens" souvent délaissés par les études.

Ils constituent la ligne médiane qui sépare la France des plus aisés et celle des plus pauvres. Souvent boudés par les études, parfois oubliés des politiques publiques, les 11,6 millions de Français, soit 1/5e de la population, qui constituent les "ménages médians" de la société française sont au coeur du "portrait social" publié mardi par l'Insee. 


Pour définir cette catégorie de la population au milieu du gué - ni aisée, ni pauvre -, l'Insee ne parle pas de "classes moyennes" - un terme dont la définition ne fait pas consensus. L'institution préfère se concentrer sur cette "médiane" qui regroupe une tranche de la population dont le niveau de vie (le revenu disponible, après impôts, rapporté au nombre de personnes à charge) se situe entre 1.510 et 1.850 euros nets par mois. "Ces Français du milieu constituent une population qui présente la caractéristique d'avoir des niveaux de vie très concentrés", explique à LCI Laurence Rioux, responsable de la Division des études sociales à l'Insee. 

Faible niveau de diplôme

Ce qui frappe avant tout, c'est que cette catégorie "médiane" de la population française partage avec les populations les plus modestes un niveau de formation relativement faible. Un quart n'a pas de diplôme, et seules 10% des personnes majeures vivant dans un ménage médian ont obtenu un diplôme supérieur à Bac + 2. Une situation qui a peu évolué en vingt ans, selon l'étude de l'Insee. Par comparaison, dans les ménages "aisés", plus de 40% des personnes sont titulaires d'un diplôme supérieur à Bac + 2.

Des emplois très stables

A l'inverse, la situation de ces ménages au regard de leur situation professionnelle les rapproche des catégories "plus aisées". Ainsi, 61% des ménages "médians" comptent au moins une personne en emploi, contre 39% chez les ménages pauvres. Plus frappant encore : 81% des actifs ayant un emploi sont en CDI et 17% ont un travail à temps partiel, ce qui les distingue des populations plus pauvres, où le précariat est beaucoup plus développé. 


"Avec un chômage faible et une majorité de CDI, leur situation d'emploi les rapproche des plus aisés", confirme Laurence Rioux, qui tempère immédiatement : "malgré tout, les types d'emplois occupés sont comparables à ceux des populations plus modestes", avec de nombreux ouvriers et employés, et beaucoup moins de cadres que dans les catégories aisées. 

Des difficultés financières chroniques, mais...

Malgré la stabilité de l'emploi, la classe "médiane" française est confrontée à de nombreuses difficultés financières. Contrairement aux plus modestes, "ces ménages peuvent satisfaire leurs besoins fondamentaux", relève la responsable de l'Insee. "Pour autant, ils ont plus souvent des difficultés à supporter les dépenses ponctuelles." Les enquêtes réalisées par l'Insee montrent notamment que cette catégorie de la population peine à financer une simple semaine de congés, ou encore à remplacer des meubles devenus vétustes ou autres équipements électroménagers. 


Lien de cause à effet : comme les plus modestes, et à la différence des populations privilégiées, ils se montrent particulièrement pessimistes quant à l'avenir. "Ils ont un emploi plus stable et vivent plus fréquemment au sein d'une famille 'traditionnelle', et non monoparentale, que les plus modestes. Une explication à ce pessimisme pourrait être qu'ils savent qu'une rupture familiale ou une perte d'emploi risquent de se traduire par une baisse nette de leur niveau de vie et de les faire passer de la catégorie médiane à des catégories de niveau de vie inférieures", commente Laurence Rioux. 

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Un meilleur accès à la propriété

Malgré tout, les Français médians ont connu au cours des vingt dernières années une hausse de leur niveau de vie de 17% (en euros constants), comparable aux autres catégories de population (en dehors des plus aisés, dont le niveau de vie a augmenté plus rapidement). 


Moyennant des crédits immobiliers plus longs et un exode en périphérie des grandes agglomérations, ils ont, contrairement aux plus modestes, augmenté leur patrimoine (62% sont propriétaires, contre 57% en 1996) et gagné en moyenne 5 mètres carrés supplémentaires d'espace habitable. 

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