Meurtre de Sophie Lionnet : "Tout ce que je souhaite, c’est que ces deux monstres avouent leur crime"

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JUSTICE – Trois mois après la découverte du corps en partie calciné de la jeune fille au pair française chez ses employeurs à Londres, une audience de plaider coupable se tient ce mardi outre-Manche. Jointe par LCI, sa mère, qui attend désespérément le rapatriement de la dépouille de la jeune fille en France, se "sent totalement mise à l’écart."

C’est une première audience avant un procès prévu pour mars 2018. Inculpé pour le meurtre de Sophie Lionnet, leur fille au pair, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni comparaissent devant la justice britannique ce mardi. Le corps de la jeune femme, originaire de Troyes et âgée de 21 ans, a été retrouvé en partie calciné le 20 septembre dernier dans la propriété du couple franco-algérien, située à Wimbledon, au sud de Londres. Depuis, s’en suit une attente interminable pour les proches de la victime, qui n’ont toujours pas pu récupérer la dépouille. 


"Dernièrement, j’ai téléphoné à Scotland Yard pour avoir des nouvelles, et mon interprète m’a dit que pour le moment, ma fille ne rentrerait pas", confie Catherine Devallonné, la mère de Sophie Lionnet, résidant à Paron dans l’Yonne. "On m’avait dit fin novembre-début décembre, mais ça a encore été reporté car il y a beaucoup de contre-expertises" explique-t-elle, estimant "que les deux monstres qui ont fait ça font le nécessaire pour se rendre non-coupables. " Finalement, le rapatriement du corps de la jeune femme, lié aux nécessités de l'enquête dont le contenu est confidentiel, ne devrait pas avoir lieu avant  "fin janvier voire février". Et la mère de famille de poursuivre :"Ca me met hors de moi, parce que c’est très long. Ca fait déjà deux mois et demi qu’on attend et j’aimerais pouvoir faire mon deuil. Mon fils de sept ans, qui attend de revoir sa sœur, aussi en a besoin."

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"Ils ont fait ce qu’ils ont fait, qu’ils assument"

Depuis septembre, celle qui se sent "totalement mise à l’écart" et regrette de "ne pas savoir ce qu’il se passe" outre-Manche est donc régulièrement en relation avec la police britannique. "J’essaye d’avoir du nouveau une fois par mois si on ne m’en donne pas" souligne-t-elle ajoutant qu’elle a également joint "le consulat qui devait se renseigner et revenir vers elle car ils n’en savaient pas plus."


Alors qu’une enquête parallèle est ouverte par la justice française, Catherine Devallonné, qui dénonce une "suite de questions sans réponse", n’est pour l’heure représentée par aucun avocat. "On me l’a conseillé mais je cherche toujours", souligne-t-elle, avec l'échéance de mars 2018 à l'esprit. S'agissant de l'audicence de plaider coupable de ce mardi, elle n'a "aucune information". Mais alors qu'elle s'interroge sur "ce que veulent les avocats de la défense", une multitude d'états et de sentiments lui "passent par la tête : l’attente, l’énervement, la rage." Et de conclure : "J’ai la haine. Tout ce que je souhaite, c’est que ces deux montres avouent leur crime et qu’ils soient punis. Ils ont fait ce qu’ils ont fait, qu’ils assument."


Sur décision du juge, le couple suspecté d’assassinat était jusqu'à l'audience de ce jour, dite de plaidoirie et de préparation de procès (en anglais "plea and trial preparation hearing") maintenu en détention. Jusqu’alors, ces derniers ont toujours nié les faits et clamé leur innocence.

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