Forte amende requise contre une fromagerie Lactalis, accusée de polluer une rivière

Forte amende requise contre une fromagerie Lactalis, accusée de polluer une rivière
SOCIÉTÉ
POLLUTION - Une amende maximale de 500.000 euros a été requise ce lundi 12 novembre à l'encontre de la fromagerie L'Étoile du Vercors, propriété du groupe Lactalis, devant le tribunal correctionnel de Grenoble.

Lactalis avait joué la montre, mais cela n’a pas suffi semble-t-il. Dans l'affaire des rejets d'effluents dans la rivière Isère par la fromagerie L'Etoile du Vercors, l’entreprise était visée par une plainte depuis 2017. Installée à Saint-Just-de-Claix (Isère), la fromagerie est poursuivie, avec son ancien et son actuel dirigeant, pour "jet ou abandon de déchets dans les eaux superficielles" et "exploitation d'une installation nuisible à l'eau ou au milieu aquatique non conforme à une mise en demeure", ainsi que pour la contravention d'"exploitation d'une installation classée sans respecter les mesures prescrites par arrêté pour la protection de l'environnement".

L'Etoile du Vercors, créée en 1942 et rachetée par Lactalis en 2011, dit transformer entre 46.000 et 58.000 litres de lait par jour en moyenne, jusqu'à 100.000 litres en période de pointe. Elle emploie 147 salariés, et travaille avec 70 producteurs de lait.


Entreprise de fabrication, d'affinage et de commercialisation de fromages (Saint-Marcellin, Saint-Félicien, fromages de chèvre), elle rejette depuis sa création ses eaux usées industrielles non traitées directement dans l'Isère. Cela représente l'équivalent des eaux usées d'une ville de 8.000 à 10.000 habitants au quotidien, mais en "très gras" selon Sylvain Traynard, de la DDT Isère (Direction départementale des territoires), et avec des "produits de désinfection".

"Un sentiment d'impunité"

Après avoir fait la demande en 2000 de son raccordement à la station d'épuration en construction de la communauté de communes où elle est située, la fromagerie a renoncé en 2014, souhaitant construire sa propre station d'épuration et estimant la station existante non conforme à ses besoins. Ce que conteste la commune qui lui a refusé à quatre reprises un permis de construire. 

Le procureur de Grenoble dénonce également un "sentiment d'impunité", et enfonce le clou : "On savait déjà que Lactalis avait la capacité d'empoisonner le lait en poudre, on sait maintenant qu'il peut empoisonner l'eau, qu'il le sait et continue."


Le procureur a également demandé l'arrêt des opérations de rejet, la diffusion d'un message par voie de presse, et une amende de 7.500 euros pour la contravention. Du côté de la défense, on plaide le manque de preuves. La décision a été mise en délibéré au 14 janvier.

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