Isère : la "veuve noire" nie en bloc l'assassinat de son mari

Isère : la "veuve noire" nie en bloc l'assassinat de son mari

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JUSTICE - Manuela Gonzalez, surnommée "la veuve noire de l'Isère", est jugée depuis lundi pour l'assassinat de son mari. Les circonstances de la mort de Daniel Cano rappellent étrangement la mort mystérieuse de certains de ses précédents compagnons.

"La veuve noire" est arrivée vêtue de blanc, lundi, au palais de justice de Grenoble. Au premier jour de son procès, Manuela Gonzalez a contesté les faits qui lui sont reprochés : l'assassinat de son mari dans des conditions rappelant étrangement la mort de ses précédents compagnons. "Je continue à dire que je suis innocente (…) et on sera là pour le démontrer", a déclaré l'ancienne monitrice d'auto-école, placée en détention provisoire depuis mars 2010.

Deux ans auparavant, le corps de son époux, Daniel Cano, avait été retrouvé sur la banquette arrière de sa voiture incendiée, près de sa maison de Villard-Bonnot (Isère). Rapidement, les enquêteurs avaient conclu à un incendie volontaire et les analyses toxicologiques avaient révélé la présence de trois somnifères différents dans le sang du chaudronnier de 58 ans. Fait troublant, un mois avant sa mort, le feu s'était déclaré dans la chambre à coucher de Daniel Cano alors qu'il dormait seul. Le feu avait été imputé à une bougie renversée par le chien. Mais le fils du défunt avait depuis raconté avoir entendu son père lancer à sa femme : "Manuela, arrête de me prendre pour un con, il n'y avait pas de bougie dans ma chambre".

Passé trouble

Ces éléments troublants pousseront les gendarmes à fouiller le bien étrange passé de l'accusée... En décembre 1983, son mari de l'époque est hospitalisé durant trois mois après avoir absorbé une forte dose d'anxiolytique. Un an après, son amant bijoutier est plongé dans un coma profond après que Manuela Gonzalez lui a versé dans son thé des dérivés morphiniques. Elle sera seulement condamnée à deux ans de prison avec sursis pour lui avoir subtilisé à cette occasion un chèque de 80.000 francs. En avril 1989, son amant est asphyxié par les gaz d'échappement de son véhicule, moteur allumé dans le garage de sa maison. L'enquête conclue à un suicide. En avril 1991, enfin, son nouveau compagnon meurt également asphyxié dans un débarras attenant à sa chambre, après un incendie dans l'appartement du couple. Mise en examen, elle bénéficie cette fois d'un non-lieu trois ans plus tard.

"Ce qui m'étonne, c'est qu'elle soit passée au travers des mailles du filet aussi longtemps", s'étonne Me François Leclerc, l'avocat des parties civiles. Pour lui, ce passé trouble devrait peser lors du procès "pour comprendre son mode opératoire". L'avocat de l'accusée, Ronald Gallo, s'agace au contraire de voir cette vie ressurgir : "Ces faits sont soit couverts par la prescription, soit par l'autorité de la chose jugée". La veuve en série encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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