Isère : un maire interdit les cours d'arabe et de turc dans les écoles de sa commune

Isère : un maire interdit les cours d'arabe et de turc dans les écoles de sa commune

AU BAN DE L'ECOLE - Le maire Divers droite d'une commune de l'Isère ne souhaite pas mettre à disposition les classes de deux écoles publiques pour des cours d'arabe et de turc. Sa justification ? La crainte du "communautarisme".

Plus de cours d’arabe, ni de turc, dans deux écoles publiques de Charvieu-Chavagneux. Gérard Dezempte, le maire Divers droite de cette commune de l’Isère, refuse depuis la rentrée de mettre les classes à disposition de ces enseignements, rapportent nos confrères de France Bleu

La raison de cette interdiction ? Elle tient en plusieurs points, si l’on en croit les propos de l’édile, sollicité ce vendredi 10 mars par LCI. "D’abord, nous sommes en état d’urgence", souligne Gérard Dezempte, "et je ne souhaite pas laisser l’école ouverte à tous les vents le mercredi et le samedi, jours où sont censés se tenir ces cours. Par ailleurs, je ne veux pas confier les clefs des établissements à des personnes nommées par des gouvernements étrangers." Sur la base d’accords bilatéraux, les enseignants intervenant dans le cadre des ELCO (Enseignements de langue et de culture d’origine, ndlr) sont en effet mis à disposition par leur propre gouvernement. 

"Une langue vecteur du communautarisme et des thèses de l'Etat Islamique"

"Je me suis renseigné dans les traités internationaux", poursuit le maire. "Pour moi, l’Education nationale ne respecte pas les textes en dispensant ces cours à des enfants français. Ces classes doivent être données à des étrangers, j’ai donc demandé à la directrice départementale la liste de ces élèves pour vérifier leur nationalité. Tant que je n’aurai pas cette liste, les cours n’auront pas lieu."

Dernier argument soulevé par Gérard Dezempte : les risques de radicalisation, selon lui entraînés pas ces cours. Voici ce qu’il nous explique : "En septembre, la directrice départementale m’a indiqué que les intervenants seraient marocains, pour ensuite me dire qu’ils étaient tunisiens. Donc, cela prouve bien qu’on ne sait pas quel dialecte est enseigné, et qu’il s’agit en fait de l’arabe coranique".  "Une langue, va-t-il jusqu'à dire, qui est vecteur du communautarisme et des thèses de l'Etat Islamique."

Un parrainage à Marine Le Pen

Un risque de communautarisme ? La directrice académique des services de l’Education nationale de l’Isère, Dominique Fis, n’y croit pas. Auprès de France Bleu, elle détaille : "La meilleure garantie qu’il n’y ait pas de soupçon de communautarisme, c’est d’abord l’ouverture de ces cours à tous les élèves qui le demandent." Avant de préciser qu’un contrôle assidu est effectué auprès de ces cours de langues : "J’ai une inspectrice qui suit spécifiquement nos 156 cours d’enseignement de langue et de culture d’origine, et qui veille à ce que ce soit d’abord un enseignement, et un enseignement laïc."

Reste que dans la commune, cette décision municipale n’a pas de quoi étonner. En 2015, déjà, Gérard Dezempte avait voulu limiter l’accueil des réfugiés dans sa commune "à la condition expresse" qu’ils soient chrétiens. Le mois dernier, il a accordé son parrainage à la candidate du Front national à la présidentielle, Marine Le Pen.

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