VIDÉO - En "visite amicale" à la Grande mosquée de Paris, Mila espère l’apaisement

DIALOGUE - Une visite voulue comme une "marque de paix" : pendant deux heures jeudi, Mila, dont les propos polémiques sur l’islam début 2020 avaient déclenché une vague de cyberharcèlement, a visité la Grande mosquée de Paris, en compagnie de son recteur.

DIALOGUE - Une visite voulue comme une "marque de paix" : pendant deux heures jeudi, Mila, dont les propos polémiques sur l’islam début 2020 avaient déclenché une vague de cyberharcèlement, a visité la Grande mosquée de Paris, en compagnie de son recteur.

Au lendemain de la condamnation de onze jeunes gens qui l'avaient harcelée sur les réseaux sociaux après sa vidéo polémique sur l'islam, Mila, 18 ans, a visité jeudi 8 juillet la Grande mosquée de Paris en compagnie de son recteur, Chems-eddine Hafiz. La jeune femme a fait le voeu que sa présence dans ce lieu de culte soit "apaisante pour tout le monde"

Début 2020, sur Instagram, Mila avait riposté rageusement à un homme qui l'insultait "au nom d'Allah" : "L'islam, c'est de la merde (...) Votre religion, c'est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir." Depuis, elle est menacée de mort, cyberharcelée, déscolarisée et vit sous protection policière. Mercredi, le tribunal correctionnel de Paris a condamné onze de ses cyberharceleurs à quatre à six mois de prison avec sursis, au terme d'un procès très médiatique.

"Allez viens, Mila" : pendant deux heures, M. Hafiz l'a conduite dans cette visite privée et sous haute sécurité du minaret, de la mosquée et de ses jardins, y compris de la salle de prière habituellement strictement interdite aux visiteurs.

Interrogée sur son opinion de l'islam depuis ses propos polémiques, Mila hésite. "Je serais mitigée sur la question. Ça dépend. Entre les choses qui sont mal interprétées, entre ce qui est vraiment ma pensée..." 

"Source d'espoir" et "marque de paix"

Chems-eddine Hafiz souligne lui que l'"islam est une religion que, bien évidemment, il y a lieu de respecter". Mais pour lui, Mila, qu'il a tutoyée et envers laquelle il a multiplié égards et gestes d'affection, "a eu des mots durs dans un contexte particulier", celui d'un harcèlement en ligne. "Je ne crois pas que ce qu'elle a dit... peut-être que ça a trahi sa vraie pensée, mais moi je suis persuadé qu'il faut sortir des clichés". Pour lui, "il y a eu à un moment un incident malheureux mais le fait qu'elle vienne ici est 

source d'espoir". "La mosquée de Paris est un lieu ouvert à tout le monde. On veut lui montrer réellement ce qu'est l'islam", a souligné également le recteur.

Mila a insisté sur son "plaisir" pendant cette "visite amicale" sous les auspices du recteur, vieil ami et confrère de barreau de son avocat, Me Richard Malka. C'est une "marque de paix très importante pour moi", a-t-elle souligné, en recevant du recteur un Coran à la couverture rose. "J'ai beaucoup appris en venant ici", a-t-elle aussi déclaré.

A l'entrée de l'immense patio jouxtant la salle de prière, une femme voilée, originaire de Seine-Saint-Denis, s'est approchée d’elle. "Je suis fort agréablement surprise de vous voir ici. Votre démarche me touche énormément, je suis très émue", lui a-t-elle confié. Tout en restant prudente : "Je ne veux pas être filmée", a-t-elle fait savoir aux journalistes, inquiète pour sa sécurité. Car Mila reste sous la surveillance des réseaux sociaux, qui scrutent ses moindres faits, gestes et déclarations. A peine entrée dans la Grande mosquée, une femme signalait sa présence sur Twitter : "Y'a Mila. Quelqu'un pour m'expliquer ?"

Lire aussi

Dans des tweets, la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente déléguée de LREM Aurore Bergé et la Licra ont quant à elles dit "merci" jeudi soir à Mila et Chems-eddine Hafiz. "Un magnifique dialogue", a estimé la première. "Voilà ce qu'est notre pays", selon la seconde. "Le pari de l'intelligence, de la rencontre, du dialogue et de la liberté", a jugé l'association.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

REVIVEZ - Anne Sila remporte "The Voice All Stars"

Présidentielle 2022 - "Il n'y a pas de Jupiter" : pour son premier meeting, Anne Hidalgo s'en prend à Emmanuel Macron

"The Voice All Stars" : qui a le plus de chances de remporter la finale ?

EN DIRECT - Covid-19 : le seuil d'alerte de 50 cas pour 100.000 de nouveau franchi en France

"The Voice" : en larmes, Jenifer annonce qu'on ne la reverra "probablement" plus dans l'émission

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.