Un Français sur dix souffre de solitude

Un Français sur dix souffre de solitude

ISOLEMENT - En 2016, en France, 22% de la population est seule et 26% des Français se sentent exclus, abandonnés ou inutiles. Ces chiffres alarmants sont les résultats d'une étude du Crédoc pour la Fondation de France.

Un Français sur dix est en situation d’isolement, en 2016. C'est ce que vient de démontrer une étude du Crédoc pour la Fondation de France. A l’échelle de la population française, ce sont ainsi cinq millions de personnes de plus de 15 ans qui ne rencontrent et passent du temps que très rarement avec leur famille, leurs amis, voisins ou connaissances, indique cette étude. 

Cette estimation, qui ne prend pas en compte les relations au sein des ménages, est comparable à une précédente enquête sur les solitudes publiée par la Fondation de France en 2014. En revanche, la solitude semble toucher un peu plus de Français chaque année, car on constate une hausse de 1 million de personnes par rapport à 2010. Une situation qui n'est pour autant pas une fatalité pour la Fondation qui mise sur le collaboratif.

Qu’est-ce que la situation d’isolement ?

Sont considérées comme isolées les personnes qui ne rencontrent jamais physiquement ou de manière très épisodique des membres de leurs réseaux de sociabilité (famille, amis, voisins, collègues de travail ou activités associatives). L'absence d'interraction avec leurs contacts laissent ainsi penser que ces personnes sont en grande fragilité psycho-sociale, sans en avoir toujours conscience, indique l'étude. 

Cette dernière, mise en œuvre entre décembre 2015 et janvier 2016, indique que 22% des Français ont ainsi des liens réguliers avec un seul réseau social et 68% ont des liens fréquents dans plusieurs milieux. Parmi les personnes isolées, le voisinage constitue leur unique mode de socialisation (35%), loin devant les amis (26%) et la famille (22%). 

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    La précarité comme facteur aggravant

    Parmi les différents facteurs qui favorisent les situations d'isolement, l'étude évoque notamment les bas revenus. Cela touche particulièrement les chômeurs, les inactifs non étudiants et les personnes au foyer. 34% des personnes seules ont un revenu inférieur à 1200 euros ainsi, la pratique de loisirs très limitée, l'isolement numérique, le renoncement aux vacances et l'absence de vie culturelle, conséquences sociales de ces faibles revenus, sont autant de facteurs qui favorisent cet isolement. 

    L'étude a également démontré que les accidents de la vie pouvaient accentuer ou susciter ce sentiment de solitude. La perte du conjoint, une rupture, la perte d'un emploi ou encore la retraite sont autant d'étapes de la vie pouvant avoir comme conséquence, ce sentiment de se sentir seul. 

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      Un cercle vicieux ... mais pas une fatalité

      L'isolement apparaît comme un cercle vicieux, dans cette étude. Les personnes isolées tendent à se replier sur elles-mêmes et se désinvestissent de la vie publique et associative avec une défiance très marquée à l'égard des institutions.  17% des personnes isolées ne votent pas (plus du double de la population française). 

      Elles sont 65% à penser qu'on n'est jamais assez méfiant vis-à-vis des autres et 27% ne se sentent pas en sécurité dans leur vie quotidienne. Cette crise de confiance se manifeste ainsi par des doutes sur leurs capacités à entrer en contact et discuter avec d'autres personnes, se faire des amis ou être capable d'organiser des événements. 

      Mais l'isolement n'apparaît pour autant pas comme une fatalité. L'étude de la Fondation de France a démontré que le collaboratif (covoiturage, échanges de services, de savoirs...) pouvait contribuer à rompre l'isolement. En 2015, près de 4 Français sur 10 (38%) ont recouru aux pratiques collaboratives et 66% d'entre eux ont déclaré avoir fait des rencontres quand 11% ont constaté avoir tissé de véritable liens d'amitié. 

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