Issy-les-Moulineaux a bien retiré ses capteurs de pollution... pour y installer des "hôtels à insectes"

Issy-les-Moulineaux a bien retiré ses capteurs de pollution... pour y installer des "hôtels à insectes"

LE SENS DES PRIORITÉS – Selon la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, le maire d’Issy-les-Moulineaux aurait enlevé les capteurs de mesure de l’air "pour ne pas être associé à la pollution". Contactée par LCI, la ville confirme s’être séparée de son capteur AirParif… mais pas pour les mêmes raisons.

Pic de pollution oblige, la ministre du Logement et de l'Habitat durable, Emmanuelle Cosse, s'est exprimée ce jeudi 8 décembre sur France Inter pour fustiger la baisse des subventions accordées par certains élus à l'association "Airparif". Ciblant tout particulièrement le maire UDI d'Issy-les-Moulineaux, André Santini, elle ajoute  : "A Issy-Les-Moulineaux, le maire a enlevé les capteurs de mesure de l’air" pour que sa ville "ne soit pas associée à la pollution."

Qu’en est-il réellement ? Pour le savoir, prenons d'abord la direction de l’association de surveillance de la qualité de l’air "Airparif", qui détient en Ile-de-France une soixantaine de capteurs. On nous explique alors : "Nous avions en effet une station de mesure de l’air depuis plusieurs années à Issy-les-Moulineaux. Il y a trois ans, en 2013, la mairie a souhaité s’en séparer. Mais elle ne nous a pas donné d’explications…"

Fonctionnant sur la base d’accords renouvelables passés auprès des communes, Airparif s’est alors trouvé dans l’obligation de faire place nette. Une décision de justice est venue donner raison à la mairie d’Issy-les-Moulineaux : en juin 2013, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a en effet ordonné la fermeture de cette station de mesure de qualité de l’air. "Il arrive que nos accords passés avec les villes ne soient pas renouvelés, mais ce n’est pas fréquent", poursuit encore une porte-parole de l’association. 

"S'associer à l'année de la biodiversité"

Et la mairie d’Issy-les-Moulineaux dans tout ça, qu’en dit-elle ? Au bout du fil, Luc Richard, directeur général des services techniques pour la commune, réfute l’explication de la ministre du Logement. Et détaille : "Nous avions avec AirParif une convention d’occupation du domaine public depuis 2008. C’était provisoire parce qu’on se disait qu’un jour, on voudrait faire autre chose de ce bout de terrain." Et en effet, au bout de cinq ans, la mairie a décidé de donner une autre vocation à ces quelques mètres carrés situés à l'abord d’un square… et d’y installer des "hôtels à insectes".  "Il se trouve qu’en 2013, nous avons voulu nous associer à l’année de la biodiversité", explique-t-il encore. 

En attendant, Air Parif et la mairie d’Issy-les-Moulineaux sont d’accord sur une chose : les capteurs  de mesure de l’air servent à déterminer la qualité d’une zone et non d’une ville. Afin d’évaluer la qualité de l’air du sud-est parisien, la station a finalement été installée dans le 15ème arrondissement de Paris.  

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