IVG : le ton monte déjà à l'Assemblée

IVG : le ton monte déjà à l'Assemblée

DirectLCI
AVORTEMENT - Le projet de loi pour l'égalité hommes-femmes en discussion à l'Assemblée depuis lundi, prévoit notamment de conforter le droit à l'avortement. Alors qu'une partie de la droite s'y oppose, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, veut supprimer la notion de "situation de détresse".

Au lendemain d'une manifestation d'opposants à l'IVG à Paris, les députés ont entamé lundi l'examen du projet de loi pour l'égalité femmes-hommes , qui suscite une levée de boucliers chez une partie de la droite pour ses dispositions visant à conforter le droit à l'interruption de grossesse.

"Veil avait accepté cette disposition à reculons"

La référence à la "situation de détresse", qui conditionnait l'accès à l'IVG dans la loi Veil, est une disposition "obsolète" dont la suppression est "bienvenue", a jugé lundi la ministre des Droits des femmes. "Simone Veil avait accepté cette disposition à reculons en 1975", a rappelé la ministre à l'ouverture des débats. Cinq ans plus tard, le Conseil d'Etat avait déjà "considéré que la référence à la situation de détresse n'est pas une condition", a insisté Najat Vallaud-Belkacem.

Les députés ont voté en commission un amendement PS prévoyant qu'une femme puisse demander une IVG si elle "ne veut pas poursuivre une grossesse" et non plus parce que "son état (la) place dans une situation de détresse". "Il s'agit donc de mettre le droit en conformité avec la pratique", a estimé la ministre, alors que plusieurs voix à droite ont critiqué cette réécriture de la loi.

Le cas espagnol

"La loi de 1975 n'est pas à débattre, pas à négocier. Nous n'accepterons aucun recul", a-t-elle par ailleurs prévenu. "Restons dans ce consensus. Je le dis notamment à ceux qui dans l'opposition ont déposé des amendements pour que l'IVG ne soit plus remboursée par la sécurité sociale. Restez dans le consensus républicain qui existe depuis 1975", a-t-elle lancé.

Dans une allusion à l'Espagne, elle a jugé que "les évolutions dans certains pays voisins ont créé une inquiétude". "Elles nous montrent que nous ne sommes pas à l'abri d'un retour en arrière de 40 ans (..) Avancer, d'abord, pour ne pas reculer : c'est cela le combat pour les droits des femmes", a-t-elle martelé.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter