"J'ai le sentiment de m'être fait un peu piéger" : l'agresseur présumé de NKM s'exprime pour la première fois

"J'ai le sentiment de m'être fait un peu piéger" : l'agresseur présumé de NKM s'exprime pour la première fois
SOCIÉTÉ

TÉMOIGNAGE - L'agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet est revenu pour la première fois ce jeudi sur "l'altercation" entre lui et la candidate LR battue dimanche aux législatives. Sûr de lui, Vincent Debraize a nié avoir"frappé ou même eu la volonté de frapper", avant de déclarer avoir été lui-même victime de violences.

"Au plus profond de moi, j'ai le sentiment de m'être fait un peu piéger..." S'il se refuse à évoquer une "manipulation" ou un "complot", Vincent Debraize n'en est pas moins sceptique. Accusé d'avoir agressé Nathalie Kosciusko-Morizet le 15 juin dernier sur un marché du Ve arrondissement, le maire sans étiquette de Champignolles est revenu avec précision sur le déroulé des faits lors d'une conférence de presse ce jeudi.

Installé dans un fauteuil noir, entouré d'une quinzaine de journalistes et de ses deux avocats, Vincent Debraize s'exprime pour la première fois sur l'affaire. Bien qu'il fasse très chaud dans la pièce, c'est d'une voix claire et assurée que l'homme prend la parole. 

Le 15 juin dernier, il raconte avoir interpellé NKM sur le marché après avoir vu une horde de tracteurs sur le marché Maubert : "Pourquoi être candidate ici et pas dans votre circonscription ? Vous voyez bien que ça ne prend pas". Selon ses dires, la candidate ne semble pas gênée par sa démarche et engage alors la discussion. Le ton monte et les esprits s'échauffent. Vincent Debraize finira par lâcher : "Eric Zemmour a raison, vous êtes une bobo de droite". L'ancienne ministre, ainsi que plusieurs témoins, affirment, eux, avoir entendu "bobo de merde".

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J'ai les tracts à la main, je les jette au sol (...) elle me regarde et pouf, elle tombe"- Vincent Debraize

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C'est en tout cas cette expression qui met le feu aux poudres, selon le maire de Champignolles. Il raconte que la candidate s'est alors rapprochée de lui, "camouflant son visage" avec les tracts, avant de lui asséner à deux reprises : "Dégage connard". Selon une journaliste de l'AFP, Vincent Debraize lui aurait alors envoyé les tracts au visage, provoquant la chute de la candidate. Au micro de LCI lundi, l'avocat de NKM avait évoqué "une agression très grave sur une élue de la République".

Une version que réfute le principal intéressé, évoquant, sans jamais la nommer, une éventuelle simulation : "J'ai les tracts à la main, je les jette au sol (...) elle me regarde, pouf, elle tombe", a-t-il raconté. 

Les avocats de M. Debraize avaient déjà évoqué l'éventualité d'une simulation lundi dernier au Palais de justice de Paris, où le prévenu devait être jugé en comparution immédiate (le procès a finalement été renvoyé au 11 juillet). L'un d'eux, Me Lachenaud, avait même évoqué "une esquisse de sourire" sur le visage de NKM au moment de tomber. 

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L'avocat de l'agresseur présumé de NKM livre sa version des faits

A aucun moment je n'ai frappé ou même eu la volonté de frapper Mme Kosciusko-Morizet,- Vincent Debraize

"A aucun moment je n'ai frappé ou même eu la volonté de frapper Mme Kosciusko-Morizet", a-t-il ensuite martelé. "En revanche, moi j'ai pris des coups". Vincent Debraize a notamment accusé l'entourage de NKM de l'avoir agressé physiquement lorsqu'il s'éloignait alors que la candidate était évanouie. Il explique "avoir pris peur" en voyant les partisans de NKM se rapprocher de lui en hurlant : "Il l'a frappée, il l'a frappée". 

Vincent Debraize accuse aussi l'un d'entre eux d'avoir effectué "un salut nazi au-dessus de (sa) tête". L'un des militants LR l'aurait ensuite suivi dans le métro, disant au téléphone : "Venez vite on va l'avoir, il est là". Ce dernier s'est montré "très, très agressif. Les coups pleuvent, il me frappe, j'ai la chemise déchirée, les lunettes cassées (...) je suis sous le choc", a assuré le maire. Il envisage de porter plainte pour coups et blessures.

Ce jeudi, les deux avocats de Vincent Debraize ont également contesté la garde à vue de leur client, qui avait été prolongée de 24h ce week-end. Il y "avait clairement comme instruction que M. Debraize ne puisse pas interférer avec le processus électoral puisqu'on était en fin de campagne, deux jours avant le scrutin", a déclaré l'un d'eux, Me Basile Adler. Alors, manipulation politique ou coup de colère ? Réponse le 11 juillet prochain au procès.

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