J'ai testé... le "défi Veggie" : le temps des questions

J'ai testé... le "défi Veggie" : le temps des questions

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EPISODE 2 - Les Vegan, vous connaissez ? Ce sont ces adeptes qui, par respect pour la cause animale, refusent de manger viande et poisson, mais aussi tous les produits en rapport avec l'"exploitation animale" : lait, oeufs, miel… Pour faire découvrir ce nouveau mode d'alimentation, l'Association végétarienne de France organise le Défi Veggie : manger végétarien ou vegan pendant trois semaines, en étant accompagné. A metronews, on s'est inscrit. Et on vous raconte nos aventures, tous les mardis et vendredis.

Aujourd'hui, j'ai ouvert ce fameux steak de soja ( voir épisode précédent ) Doté de toutes les vertus, me dit le paquet : "riche en protéines végétales", "riche en fibres", "pauvre en graisses saturées", "simple et gourmand". Je l'ai fait cuire. Je l'ai mangé avec des lentilles. Et, sans doute un réflexe ancien de carnivore, beaucoup, beaucoup de moutarde. Verdict : c'était plutôt bon. Un peu sec, peut-être. Je crois que ça m'a rappelé un steak bien cuit, aromatisé à la sauce tomate, ou aux herbes. 


Cela fait donc une semaine que j'ai commencé ce fichu Défi Veggie . Honnêtement, je ne me sens pas en manque de viande. Enfin, je ne rêve pas d'entrecôtes la nuit. Mais, c'est peut-être psychologique : j'ai faim, TOUT LE TEMPS. Parce que, du coup, je mange des légumes, mais ça ne cale pas longtemps. Autre problème : ne pas manger Vegan, quand on déjeune à la cantine du bureau, c'est devoir résister à plein de tentations. Comme ça :


Caroline, la coach du Défi, m'avait aidée. Elle aussi déjeune au au bureau. "Mais ils proposent souvent des légumes, cuits ou crus. Après, pour varier un peu l'ordinaire, je ramène steak de soja ou de céréales en plus." Cuisiner chez soi, ramener son Tupperware au bureau… J'ai eu la flemme. Et dans la composition de mes repas, si j'ai essayé de me tenir au diptyque légume/féculents, quelque fois, j'avoue, j'ai un peu fermé les yeux. Sur le fait, par exemple, que dans cette assiette de légumes, il y avait du gratin. Et donc du fromage, et sans doute un peu de crème fraîche...


Il faut dire qu'à côté, mes collègues ont pris ça : des frites, avec de l'andouillette. Et du fromage. Aucun soutien.


Il faut aussi que je vous dise que j'ai aussi reçu des mails de lecteurs  après ma première impression . Certains trouvent ma position "trop partiale", "ridicule", "orientée", "pleine de préjugées". Bref, la démotivation guettait. Heureusement, cette semaine, on retrouvait le groupe, pour une conférence faite par une nutritionniste diététicienne, sur le manger végétal. Et là, en retrouvant mes compagnons, je me suis sentie moins seule. "J'ai fait des petites exceptions, un peu par politesse", raconte Cécile, végétarienne depuis ses 18 ans, inscrite avec son mari, Philo. "Samedi, c'était mon anniversaire, ma belle-mère m'avait fait un gâteau. J'en ai pris une tranche. Dimanche, une petite grand-mère m'a acheté un pain aux raisins..."

Climat et cause animale

Une autre raconte qu'elle a tendance a manger beaucoup plus de pain, de pates, de riz. "C'est un peu l'erreur que commettent ceux qui deviennent végétariens", commente notre nutritionniste. "Compenser par trop de produits industriels, de simili carne, qui ne sont pas sains car ils contiennent trop de graisses ou trop de glucides et pas de minéraux". "C'est vrai que si tu n'es pas sensible à la cause animale, c'est plus dur de se motiver", me glisse Viviane, assise à côté de moi.

La cause animale, le climat, c'est en effet de gros facteurs de bascule, pour ceux qui commencent à manger végétarien, ou vegan. Pendant la conférence, la nutritionniste nous l'a expliqué. L'élevage est responsable d'au moins 15% des gaz à effet de serre, grand consommateur d'eau. En cause surtout, les dérives de l'élevage industriel, à grande échelle.


Et là, la nutritionniste - un peu orientée - d'enchaîner : il y a les conditions d'élevage certes, mais aussi les poissons qui contiennent du mercure, les produits industriels qui contiennent des additifs que nos corps sont pas habitués à manger, mais encore les hormones de croissance, les pesticides, sans parler de la pollution des eaux, des perturbateurs hormonaux, de la traite des vaches sans respect des cycles de gestation. Elle nous explique aussi que la viande rouge fait augmenter les cancers du foie, de l'œsophage, du larynx, du pancréas, que ça rend obèse, augmente les maladies cardio-vasculaires. Le lait, lui, augmente les risques de sclérose en plaque, les calculs urinaires et autres cancers. Bon appétit bien sûr...

Les carences

Sauf que côté solutions, c'est compliqué aussi. En se privant de certains aliments, les vegans se privent aussi des vitamines associées, notamment B12 présente dans la viande, qui, lorsqu'elle manque, favorise des "risques importants au niveau du système nerveux". Du coup, la dietéticienne conseille la "complémentation", comprenez : des pilules à avaler. Ou alors, de manger des œufs. Sauf que les œufs, c'est pas vegan...

Autre problème, quand la diététicienne enchaîne sur les "glucides complexes à index glycémique bas" qu'il faut préférer, sur la température de l'huile qui perd toutes ses propriétés au-delà de 180 degrés ou l'importance des protides, mais "pas non plus en surdose", je patauge un peu. Complètement même. Pour moi, manger, ça se fait plutôt à l'instinct et je ne suis pas habituée à trop cogiter devant mes plaques de cuisson.

"Voir son steak comme un animal mort"

"Ne t'inquiète pas, me rassure ma voisine, Aurélie, elle aussi nutritionniste, c'est pas si compliqué." Victoria, responsable du Défi, a elle aussi dû remarquer ma détresse. Elle me propose un atelier cuisine "1, 2, 3 Veggie" pour apprendre, avec des produits simples, à cuisiner vegan. Comme un cours de rattrapage. A la base, le programme nous prévoyait une autre conférence, intitulée : "Voir son steak comme un animal mort". Bizarrement, j'ai opté pour le cours de cuisine.

Et après tout ça, on est tous allé se payer un burger, dans une petite enseigne, Hank Vegan Burger, rue des Archives, dans le Marais. C'est un burger et c'est vegan. Ca ressemblait à ça. Appétissant, non ? Et bien, tenez-vous bien, c'était hyper bon. Vraiment.

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