Surpris d'avoir été relaxé, Jawad Bendaoud "demande pardon" aux familles des victimes

Surpris d'avoir été relaxé, Jawad Bendaoud "demande pardon" aux familles des victimes

SOCIÉTÉ
TÉMOIGNAGE - Pour la première fois depuis son procès en février, Jawad Bendaoud a pris la parole dans une interview accordée à BFMTV et RTL. L'homme qui avait été jugé pour avoir logé deux membres du commando des attentats de Paris a dit sa "surprise" lorsque le tribunal a prononcé sa relaxe. Il a également présenté ses excuses aux familles des victimes.

"Je voudrais leur demander pardon". Dans une interview accordée à BFMTV et RTL, Jawad Bendaoud a présenté "ses excuses" aux familles des victimes des attentats de Paris. L’homme qui avait été jugé pour avoir logé à Saint-Denis deux membres des commandos du 13-Novembre puis relaxé s'exprime pour la première fois depuis son procès en février. 


"Il y a beaucoup de personnes qui n'accepteront pas mon pardon, mais je voudrais leur demander pardon (...) Je présente mes excuses à toutes les familles des victimes car même si je n'ai jamais voulu être lié à cette affaire, j'y serai lié toute ma vie", a-t-il déclaré au micro de BFMTV.


Le jeune homme, en maillot jaune et lunettes de soleil vissées sur le nez, est filmé sur une plage dont le lieu n’est pas dévoilé. "Je ne veux pas qu'on sache où je suis. (...) Je ne veux pas être à Saint-Denis, je veux vraiment être en retrait, j'ai décidé de m'installer au calme", explique-t-il. C'est à Saint-Denis, où il résidait, qu'il avait loué un squat rue du Corbillon à Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux présumés des attentats, et d'un complice, Chakib Akrouh. Les deux djihadistes décèderont le 18 novembre dans l'assaut des hommes du Raid.

"J’ai entendu des témoignages qui m’ont touché"

"Je suis responsable, un peu, de ce qui s’est passé pour les habitants de Saint-Denis, parce qu’il y a des gens qui ont été traumatisés, développe Jawad Bendaoud. J’ai entendu des témoignages, des choses qui m’ont touché. Aller là-bas, me montrer, que les gens me voient, que je suis libre, alors qu'eux-mêmes n'ont pas encore fini de soigner leur traumatisme... Je ne pourrais pas croiser les gens. Même si je n’ai rien à voir dans cette histoire. Je n’étais pas au courant que c’était des terroristes". 

"Je pensais être condamné à 80%"

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Jawad Bendaoud relaxé

Le jeune homme revient sur son attitude durant le procès où il a été accusé de faire un "show". "Je n’ai pas voulu écœurer les gens, les attrister, j’ai voulu prouver mon innocence", se justifie-t-il au micro de RTL. "Je ne devais pas me laisser faire. Ça faisait deux ans que je subissais des lynchages sur internet, dans les médias...", ajoutera-t-il sur BFM. Sa relaxe a été vécue comme "un soulagement" mais aussi un "choc". "Je pensais être condamné parce qu’il y a l’opinion publique. Et les juges, comme il a dit mon avocat, ils ont fait preuve de courage, poursuit-il. Je pensais être condamné à 80%, je venais de passer 27 mois à l’isolement et j’étais pas du tout préparé à sortir de prison, ça a été un choc."

Aujourd’hui, après deux ans d'"enfer", il dit espérer un avenir "calme, sans vague, avec (son) fils": "J'essaie de me remettre dans le bain, comme si j'étais en apnée jusqu'à maintenant et que je sortais enfin de l'eau".

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