"Je n'accepte plus d'avaler du cadavre" : les scandales dans les abattoirs ont-ils changé vos habitudes de consommation ? Vous nous avez raconté

"Je n'accepte plus d'avaler du cadavre" : les scandales dans les abattoirs ont-ils changé vos habitudes de consommation ? Vous nous avez raconté

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CAUSE ANIMALE – A la suite des divers scandales révélés par l’association L214 sur les conditions de mise à mort des animaux, l’Assemblée nationale a voté jeudi soir l'obligation d'installation de caméras dans les abattoirs à partir de 2018. Et vous, avez-vous changé vos habitudes de consommation après ces affaires ? LCI vous a posé la question. Voici vos réponses.

Les vidéos, choquantes et révulsantes, ont fait le tour du web. Elles sont même remontées jusqu’aux députés. Filmés en caméra cachée dans divers abattoirs français par l’association L214, elles montraient des animaux mal étourdis, accrochés vivants. Une commission d’enquête avait été lancée et une proposition de loi "relative au respect de l’animal en abattoir" en a découlé. Elle a été examinée ce jeudi après-midi. L'Assemblée a notamment validé l'installation de caméras dans les 263 abattoirs de Franc à partir du 1er janvier 2018.


L'affaire soulève une autre question : le scandale et les images choc ont-ils changé les habitudes alimentaires ? LCI vous a posé la question, sur Facebook. Vous nous avez répondu, en nombre. 

Pas question de changer les habitudes

D’un côté, on trouve ceux qui sont évidemment choqués d’avoir découvert ces conditions de mise à mort des animaux, mais pour qui "il faut bien manger pour vivre". Et supprimer la viande de leur alimentation n’est pas, selon eux, la solution. "Je mange toujours autant de viande", explique ainsi Sabrina sur notre page Facebook. "Même si ça fait mal au cœur de savoir que dans certain abattoirs ça se passe comme ça, je ne vais pas devenir végétarienne parce que les gens veulent avoir la conscience tranquille ! Si on veut faire bouger les choses, il faut trouver un autre moyen car ce n'est pas en se restreignant que cela va changer quoi que ce soit !"

 

"De la viande, bien sûr, j’en mange, et même j’en vends !", témoigne Maria. "De la très bonne viande française et de qualité ! Et merci à mes chers clients de rester fidèle et de cuisiner des bons petits plats !", lance-t-elle. Position que ne partage pas Christophe, qui lui répond : "Très bonne viande qui malheureusement a souffert pour en arriver là. ..  Je ne vois pas ce qu’il y a de réjouissant ?" Ce qui fait soupirer Nanou : "Les délires du style 'les animaux souffrent' , c'est bien beau mais la filière de la viande, cela crée des emplois  ! Il ne faut pas oublier que la consommation de viande a toujours existé, et jusqu'à maintenant ça n'a jamais gêné qui que ce soit !" Pour elle, il s’agit surtout d’un effet de mode : "Ca y est, il y a deux célébrités vegan et bizarrement, tout le monde se met à se soucier du bien-être animal. Gros LOL !" Anne-Lise voit les choses de la même manière : "A ceux qui disent 'Faut-il se réjouir d'une mort' ; allez dire ça au lion qui mange la gazelle. Cela s'appelle la chaîne alimentaire !"


"Ce rejet montre surtout à quel point les Français ont perdu leurs racines campagnardes", commente Sébastien. "Une fois que tu as vu un lapin sorti d'un clapier de jardin se faire couper la tête, puis dépecer dans la cuisine, tout passe. Mais forcément, avec des aliments sous cellophane, on ne se doute même plus que les bêtes ont été vivantes."  "Ça fait plus de 2017 ans que nous mangeons de la viande", complète Michel.  "L'abattage n'a jamais été poétique. Désormais les animaux sont endormis avant d'être tués… "  

Les Français ont perdu leurs racines campagnardesSébastien, sur Facebook

Mais d’autres internautes ont cependant changé leurs habitudes. Il y a d’abord ceux qui consomment toujours de la viande, mais qui sont plus vigilants. "Je continue, mais je fais plus attention à la provenance", explique ainsi Vanessa. Aurélie limite pour sa part sa consommation à une fois par semaine.  Marie-Christine, elle, achète dorénavant du poulet et du lapin fermier régional, des œufs du coin issus de poules élevés en plein air. Elle a banni le porc -qu’elle adore-, l'agneau, le veau, et s’octroie de temps en temps une viande de bœuf.  "Et puis maintenant, de toute façon, la viande coûte trop cher", commente Sophie, qui dorénavant, "cuisine différemment" : "Je suis passée aux légumes, féculents, laitages et fruits. Ces souffrances me culpabilisent mais je ne serais pas vegan ou végétarienne. La vraie bonne viande, je la mange aux Açores, là où je vois les vaches se promener toute l'année et là, je sais que c'est du bon boeuf bien traité !"


Chez Marie-Béatrice aussi, la famille ne mange plus désormais de la viande que 2 à 3 fois par semaine, "alors qu'avant c'était quasi tous les soirs".  "J'évite le foie gras à Noël même si j'adore. Et je regarde les étiquettes d'élevage", explique la maman. "Je ne suis pas végétarienne mais je ne veux pas que la bête souffre. Cela me perturbe, je ne veux pas participer à ça." Du coup, sa vigilance est à l'œuvre partout : "Je regarde aussi pour les oeufs s’ils sont de plein air." Mais ce n’est pas toujours facile. "Pour le porc, les informations sont difficiles à obtenir, donc à part du jambon et quelques raclettes, j'évite. J'ai aussi découvert que sous le terme de gélatine dans les bonbons, c'était du porc. Ça me dérange, j'ai l'impression qu'on m'impose des trucs. C'est opaque."

Comment puis-je accepter d'avaler du cadavre ?Isabelle

Enfin, d’autres ont carrément franchi le pas : bannir toute nourriture d’origine animale. Comme Isabelle. Cette habitante de Cambrai a eu une véritable prise de conscience en participant à LAmour est dans le pré, sur M6, émission où les candidates rencontrent des agriculteurs. "Auparavant, je visualisais la viande comme un objet, ne pensant pas que cela provenait d'un animal", raconte-t-elle à LCI.  "Les élevages ne sont que souffrances perpétuelles, quotidiennes et réelles pour les animaux." A son retour, elle s’est rapprochée de l’association L214. "Lorsque j'ai appris que l'on retirait un veau à  sa mère le jour de sa naissance afin qu'il ne bénéficie pas de son lait, mais que ce lait se destine à la consommation humaine, j'en ai été écœurée", détaille-t-elle. "Le petit, lui, sera engraissé et tué au bout de six mois ! Et lorsque j'ai appris que lorsque la vache a donné ce qu'elle a pu, elle part en abattoir pour finir en steaks hachés, j'ai renoncé à m'alimenter comme avant !" Isabelle est désormais végétarienne. "Comment puis-je accepter d'avaler du cadavre, et que cet être a du souffrir le martyr physiquement et psychologiquement, pour que moi-même je sois satisfaite ?"


Même position pour Thomas, qui honnit toute demi-mesure. "A tous ceux qui disent : ‘Je suis totalement contre la maltraitance des animaux mais j'en mange quand même, je privilégie le local et quand les bêtes n'ont pas souffert." Ce sont des phrases HYPOCRITES qui m'énervent !", tranche-t-il.  "Local, fermier ou pas, votre animal a été décapité, nourri avec de la m***e, et vous mangez un cadavre. Achat de viande = complice de ces meurtres."


Julie aussi a supprimé la viande et le poisson et restreint les produits laitiers. "Et franchement je n'ai jamais aussi bien mangé et ça me donne envie de cuisiner ! J’ai ma conscience pour moi et j’en suis fière", écrit-elle. "J’encourage les gens à en faire de même. C’est ça , l’empathie et le respect de la vie... " Tout comme Mickaëla, "très contente" de ne plus manger de viande : "Après j'estime que chacun fait comme il veut. C'est personnel et je ne critique pas les gens qui en mangent. Mais pour moi c'est devenu du dégout."

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