"Je n’aime pas les Arabes alors fais gaffe à toi", la caméra cachée du racisme sur France 2

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SCANDALE - L'émission Complément d'enquête a pour thème le mal-être en entreprise. Pour l'illustrer la chaîne va diffuser le témoignage d'un salarié jeudi soir, subissant menaces et injures racistes de la part de son patron.

"Ferme ta grande gueule ! Moi, depuis qu’un patron s’est fait trancher la gorge, j’en ai jusque-là ! (…) J’ai envie de prendre un Arabe et de crac !… Et de le mettre en haut de mon bâtiment”. Ces mots, Mustafa les endure depuis des semaines. Ce chauffeur a filmé avec son téléphone portable une scène d'une violence inouïe, diffusée jeudi 8 octobre au soir dans le magazine Complément d’enquête sur France 2. Pendant une demi-heure, celui qui travaille pour une entreprise de transport routier depuis deux ans va subir un déluge d'insultes de la part de son patron.

"Où est-ce que t'as eu ton permis, toi ? Tu l'as eu en France, ton permis ? Non. Tu sais pas rouler un camion (sic). Ecoute, Mustafa, tu rentres dans le rang... ou tu dégages ! Tu dégages !" hurle le chef à son employé qui a commis une erreur… minime : son camion était mal garé sur le parking. Dans cet extrait, mis en ligne par anticipation par la production, on découvre qu'une procédure judiciaire est "en cours", selon l'employeur et sa femme, filmés en caméra discrète par l'équipe de journalistes.

Il risque jusqu’à trois ans de prison

Sollicité par l'équipe de Complément d'enquête , le chef d'entreprise refuse de revenir sur ses propos, ni d'exprimer des regrets. "On n’a rien à vous dire", conclut-il, toujours flanqué de son épouse. Injures et diffamations raciales non-publiques, comme c'est le cas ici, sont punies par la loi de 750 euros d'amende. Un employeur reconnu coupable de discrimination risque jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Parallèlement, une étude de l'Institut Montaigne publiée ce jeudi révèle par ailleurs de "fortes discriminations" à l'embauche liées à la religion, surtout envers les musulmans pratiquants. Un candidat perçu comme musulman pratiquant a deux fois moins de chances d'être convoqué en entretien qu'un catholique pratiquant (10,4% contre 20,8%). Et depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, puis la décapitation de ce chef d'entreprise de l'Isère au nom de Daech, les propos ouvertement xénophobes semblent plus fréquents. 

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