Jérôme Kerviel s'arrête à la frontière italienne et en appelle à François Hollande

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SOCIETE GENERALE - Arrivé à la frontière franco-italienne samedi, l'ex-trader Jérôme Kerviel a annoncé qu'il ne se présentera pas ce dimanche au commissariat de Menton. Il attend en Italie la réponse de François Hollande, à qui il a lancé un appel pour la protection des témoins de l'affaire.

La mise en scène médiatique est parfaite. A quelques mètres de la frontière française, entouré de ses nombreux soutiens, samedi après-midi, Jérôme Kerviel s'arrête. Passera, passera pas ? L'ex-trader, condamné à trois ans de prison pour avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société générale, étire le suspense. Jusqu'à trancher dimanche matin : il restera en Italie, en attendant que l'Elysée se prononce sur son cas.

Parti de Rome il y a quelques semaines pour une marche vers Paris, l'ex-trader est attendu d'ici à ce dimanche soir au commissariat de Menton (Alpes-Menton) afin de purger sa peine. "Beaucoup de personnes de l'appareil judiciaire sont venues me voir pour me dire que mon dossier était truqué. Mais ces personnes ne veulent pas témoigner car elles ont peur", a affirmé samedi Jérôme Kerviel face aux caméras. Avant de lancer un appel au président de la République : "Je demande à François Hollande de leur accorder l'immunité pour que ces personnes puissent parler librement."

"Je ne demande pas ma grâce", affirme Jérôme Kerviel

En fin d'après-midi samedi, l'Elysée a fait savoir que si Jérôme Kerviel, "sollicitait la grâce présidentielle, elle serait examinée selon la procédure habituelle". "Je ne demande pas ma grâce ", a répliqué quelques heures plus tard l'intéressé, campant sur ses positions sous l'oeil des caméras. "C'est une affaire d'Etat, où le pouvoir bancaire a pris le dessus sur le droit qui devrait s'appliquer à tout le monde", assène celui qui se pose en victime.

Un peu plus tôt dans la journée, la Société générale avait publié un communiqué pour s'insurger contre "l'opération de victimisation" de son ex-employé. Elle rappelle que ce dernier a été jugé successivement par trois juridictions, qui l'ont toutes reconnu responsable pénalement. La banque dénonce "la violence du tapage médiatique orchestré ces derniers jours par Jérôme Kerviel et son entourage", qui mêle selon elle, "mensonges, amalgames et approximations".

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