Jeunes Européens bloqués à Malte : "Nous avons rapatrié notre fils de 14 ans en urgence"

Jeunes Européens bloqués à Malte : "Nous avons rapatrié notre fils de 14 ans en urgence"

TÉMOIGNAGE – Arthur, 14 ans, devait passer 13 jours à La Valette dans le cadre d'un séjour linguistique. Depuis son arrivée, les mesures pour faire face au coronavirus ont changé. Les cas contacts doivent désormais se mettre à l'isolement pendant 14 jours. De peur que leur enfant ne soit bloqué, ses parents ont décidé de le faire rentrer.

"Nous avions choisi Malte pour la garantie de sécurité qui nous avait été promise. Nous avons eu droit à tout le contraire", déplore Béatrice, maman d'Arthur, 14 ans. Les parents du collégien lui avaient offert cet été un séjour linguistique d'un montant de 2500 euros pour 13 jours dans la capitale La Valette. Au programme : des cours à l'université, des sorties culturelles, du sport, un logement et des repas inclus. "Après tous les confinements que nous avons eus depuis mars 2020, une île au bord de la mer, c’était bien pour mêler apprentissage et vacances", explique Béatrice à LCI. Arthur est donc parti du domicile familial de Niort (Deux-Sèvres) le 7 juillet, pour rejoindre Paris puis l'île au sud de La Sicile. Il était loin d'imaginer alors qu'il rentrerait moins d'une semaine après son départ.

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En fin de semaine dernière, la situation sur Malte s'est dégradée. Une recrudescence de nouveaux cas a été enregistrée et les cas contacts ou positifs sont depuis contraints à un isolement de 14 jours, sans possibilité de faire un test dans cet intervalle pour espérer sortir plus tôt.  Des centaines de jeunes, essentiellement des étudiants venus perfectionner leur anglais dans des écoles maltaises qui ont toutes fermé le 10 juillet, se sont retrouvés alors bloqués sur l'île. Béatrice, elle, a préféré anticiper pour son fils. 

Un billet d'avion à nos frais

Béatrice dit avoir pris connaissance de la situation sur l'île non pas par l'organisme Education First, avec lequel son fils est parti, mais par des reportages dans les médias. "J'ai vu sur les réseaux sociaux des vidéos de jeunes coincés sur l'île. Pas question que mon jeune garçon se retrouve dans cette situation. Il devait faire un test le lundi avant son retour en France. Mais nous avons préféré le faire rentrer avant qu'il ne se retrouve bloqué comme d'autres jeunes contraints depuis le 10 juillet à suivre des cours non plus à la fac mais via Zoom depuis leur chambre. Nous l'avons donc rapatrié en urgence". 

Les parents d'Arthur ont donc pris un billet d'avion pour le 13 juillet à leur fils : 400 euros en plus à payer. "Nous avons voulu qu'il soit accompagné par un adulte à l'aéroport, ça a été très compliqué, nous avons dû batailler avec l'organisation qui nous disait au départ que c'était impossible. Nous avons finalement obtenu gain de cause. Et heureusement, notre fils n'a que 14 ans !", s'agace la mère de famille.

Arthur est finalement rentré en France mardi, via Bordeaux. "Nous avons eu plus peur que lui, c'est sûr. Il n'est pas mécontent de son séjour, mais il n'aurait pas apprécié de rester bloqué deux semaines là-bas, enfermé dans une résidence, s'il avait dû y être contraint comme beaucoup de jeunes. Et ça n'était pas impossible. Arthur nous a dit que sur place les gestes barrières n'étaient pas respectés. Pour la soirée de la finale de foot de l'Euro par exemple, beaucoup de jeunes se sont retrouvés devant les écrans collés, masques sous le nez, sans qu'aucun encadrant ne dise rien"

"Contraints d'appliquer la loi maltaise"

Contactée par LCI ce jeudi, la société Education First assure faire le maximum pour les enfants qui sont sur place. "Nous avons été contraints d'appliquer la loi maltaise et nous avons fait au mieux", assure Amaury Pelegrin, directeur de la communication. "Les cas positifs ou cas contact ont dû être isolés pendant 14 jours. Nous leur fournissons logements et repas et les problèmes de Wifi ont été réglés. Nous sommes en contact avec le ministère des Affaires étrangères en France plusieurs fois par jour depuis les nouvelles mesures pour faire au mieux".

Selon nos informations, des rapatriements ont été évoqués pour que les fins d'isolement de ces jeunes se fassent en France plutôt qu'à Malte. Sur son site, le ministère a mis a jour toutes les informations nécessaires pour entrer et sortir de l'île. Il précise bien que "les écoles de langue à Malte sont fermées depuis le 14 juillet en raison de l’épidémie de Covid-19." Tous les organismes dédiés ont d'ailleurs annulé les séjours linguistiques pour cet été, jusqu'à nouvel ordre. 

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Mardi dernier, Malte a renoncé à fermer ses frontières aux personnes non vaccinées contre le Covid-19, à quelques heures de l'entrée en vigueur de cette mesure annoncée vendredi, leur imposant en revanche une quarantaine. "Les personnes qui arrivent à Malte (...) sans être en possession d'un certificat de vaccination seront obligées de se soumettre à une période de quarantaine", a annoncé le gouvernement de La Valette. La durée de cette quarantaine n'était pas connue dans l'immédiat. Malte a déjà imposé aux voyageurs arrivant de certains pays classés "rouge" de passer 14 jours à l'auto-isolement. L'île méditerranéenne avait auparavant annoncé sa volonté d'être, à compter de mercredi, le premier pays de l'Union européenne à fermer ses frontières aux voyageurs non vaccinés, espérant ainsi juguler une recrudescence des nouveaux cas de Covid-19. 

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