Jeux à gratter : les dés sont pipés, selon l'ex-PDG de la Française des Jeux

Jeux à gratter : les dés sont pipés, selon l'ex-PDG de la Française des Jeux

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JEUX DE GRATTAGE - Gérard Colé, ancien président de la Française des Jeux, accuse l'entreprise publique de tromper les joueurs en leur faisant croire à "une égalité des chances qui n'a jamais existé". Un soutien de taille pour Robert Riblet, l'ingénieur à la retraite parti en croisade contre la FDJ.

Engagé dans une guerre contre la Française des Jeux (FDJ) depuis plusieurs années, Robert Riblet a reçu mercredi un soutien de poids. Un ancien président de la FDJ, Gérard Colé, est en effet venu apporter de l'eau au moulin de celui qui conteste la part de hasard dans les jeux de grattage. Dans un entretien accordé à l'AFP, le patron de la FDJ de 1989 à 1993 l'assure : des milliers de joueurs, qui croient à "une égalité des chances qui n'a jamais existé", "ont été lésés" depuis la mise en place du premier jeu de grattage, en 1989.

Pour Gérard Colé, les arguments de Robert Riblet, un ancien ingénieur à la retraite pour qui il n'existe qu'un seul "gros lot" supérieur ou égal à 20 euros dans trois livrets sur quatre de tickets, sont "fondés". La combine serait utilisée à une fin : "faire rejouer et doper le chiffre d'affaires des courtiers, des détaillants et de la FDJ", selon Gérard Colé, qui se défend d'avoir été au courant de cette pratique lorsqu'il dirigeait l'entreprise détenue à 72% par l'Etat.

"Tout le monde sait que j'ai raison depuis des années"

D'après l'ancien PDG de la FDJ, ce système a donné lieu à des dérives puisque certains buralistes, dans la confidence, encaisseraient les lots les plus importants. "Si la majorité des tickets d'un livret étaient ressortis avec des lots dérisoires, ils en déduisaient que le gros lot restait à venir. Ils achetaient alors pour leur propre compte les tickets restants", assure l'ex-dirigeant d'entreprise qui a "décidé de réagir", "consterné" par la condamnation en août dernier de Robert Riblet à verser à la FDJ 10.000 euros pour diffamation au titre de dommages et intérêts.

"Tout le monde sait que j'ai raison depuis des années", se réjouit de son côté Robert Riblet. "Mais il y a tellement d'enjeux financiers qu'on essaye de botter en touche et de me faire passer pour quelqu'un à l'imagination débridée. Aujourd'hui enfin on va dire à 29 millions de joueurs que ce n'est plus 'selon Robert Riblet' que le hasard serait manipulé, mais que c'est 'selon l'ancien PDG qui était aux commandes'". Le combat judiciaire – une instruction est toujours en cours – continue. Mais la confiance a peut-être changé de camp.

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