Johanna Dray, mannequin taille 48, refuse le diktat de la minceur : "Les femmes peuvent décider à qui elles veulent ressembler"

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SEPT À HUIT - Johanna Dray est la première mannequin ronde professionnelle à se faire connaître en France. Dans le portrait de la semaine signé Thierry Demaizière, elle raconte comment elle a elle-même souffert du "diktat de la minceur" pendant de nombreuses années. Elle raconte sur TF1 son parcours dans un livre intitulé "Taille Mannequin", qui sortira le 4 octobre en librairie.

1,80 mètres pour une taille 48 : Johanna Dray arbore avec fierté des mensurations rarement vues sur les podiums des défilés de mode. La Française se définit comme une mannequin "ronde" ou "pulpeuse", mais pas comme une mannequin "grande taille".  

Elle prône l'acceptation de son corps, et refuse la norme des mannequins tailles 34, dont certaines se rendent malades pour maintenir une maigreur artificielle. "Ma santé est plus importante que tout, je ne maigrirai pas pour un photoshoot," explique la jeune femme dans l'émisssion de Sept à Huit du dimanche 1er octobre. Elle dénonce les impacts néfastes des régimes sur le métabolisme. "Ce que j'aimerais dire aux femmes, c'est que votre corps vous appartient". 

Petite, Johanna Dray se considérait "hors norme" : trop grande, trop ronde... Son physique ne ressemblait en rien aux canons de beauté des années 1990 : Linda Évangelista, Estelle Faure, Naomi Campbell. À l'époque, elle ne songe même pas à devenir top-modèle tant les silhouettes longilignes sont omniprésentes. La jeune femme tombera dans le mannequinat par hasard. À 21 ans, un photographe la repère dans une rame de métro et l'accoste. "Sur le moment, j'ai pensé à une blague," se remémore-t-elle. Elle rétorque : "Je ne suis pas mince vous savez." .

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À 34 ans, elle a posé pour ELLE, Madame Figaro et bien d'autres féminins. Elle a été l'égérie de deux marques de vêtements adaptés aux femmes rondes. En France, elle fait partie d'une nouvelle génération de modèles qui s'inscrivent dans la lignée du mouvement américain "body positive", que l'on peut traduire par "aimer son corps". Comme Johanna Dray, des tops comme Ashley Graham aux Etats-Unis condamnent les marques de vêtements qui prônent un idéal de minceur irréaliste, et qui ne proposent aucune taille au-dessus du 42. 

Quand je dis que je suis mannequin ronde, les femmes me disent : "Cela fait du bien."Johanna Dray, mannequin professionnelle

Johanna Dray s'inscrit dans une démarche résolument féministe. "Nous (les femmes, ndlr) pouvons décider à qui nous voulons ressembler," affirme-t-elle. "Quand je dis que je suis mannequin ronde, les femmes me disent : "Cela fait du bien." Une réaction de soulagement, qui rappelle que le corps parfait n'existe pas.  Son récit autobiographique, "Taille mannequin," sort en librairies mercredi 4 octobre. 

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