Jouets de Noël : la campagne qui inverse les clichés

Jouets de Noël : la campagne qui inverse les clichés

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PAS DE CLICHÉ SOUS LE SAPIN – Après les catalogues sans distinction de sexe, les magasins U lancent ce dimanche une campagne diffusée sur les écrans pour démonter les stéréotypes sexistes dont sont victimes les enfants. Car, après tout, il n'y a pas de jouets réservés aux garçons ou aux filles, mais simplement des jouets.

Exit le rose pour les filles et le bleu pour les garçons. Après avoir été la première enseigne de grande distribution à publier un catalogue de jouets sans distinction de sexe en 2012, les magasins U lancent ce dimanche une campagne pour démonter les stéréotypes. "Il n'existe pas de jouets pour les filles ou pour les garçons, mais des jouets, tout simplement", assure le spot de deux minutes qui sera diffusé sur les écrans de télévision jusqu'à Noël.

Objectif : déconstruire les préjugés sociaux voulant que les filles se passionnent dès la naissance pour les poupées et la cuisine alors que les garçons seraient naturellement intéressés par le bricolage et les petites voitures. Le spot commence ainsi : "Les trucs de fille, c'est plutôt rose alors que les trucs de garçon, c'est plutôt bleu", lance une fillette. Sur l'écran, cette phrase apparaît : "Dès la naissance, les enfants sont conditionnés." Une autre : "Les garçons, ils ne savent pas comment on s'occupe des bébés."

Un garçon passe l'aspirateur, un autre s'occupe d'un poupon

"Mais est-ce la réalité quand ils jouent ?" s'interroge le spot. Les enfants sont alors lâchés sur un plateau avec différents espaces de jeux. Et contre toute attente, sans distinction de sexe ou de couleur, ils se dirigent vers les petites voitures, les cuisines ou les jeux de construction en faisant fi de leurs précédentes déclarations. Des petites filles s'ingénient sur une grue, un garçon s'enquiert de la santé d'un poupon. Un autre, en costume de super-héros, passe l'aspirateur pendant qu'une blondinette s'applique sur un atelier bricolage, perceuse en plastique en main.

"On avait pour tradition de mettre dans nos prospectus des garçons qui font du bricolage et des filles qui jouent à la dînette. Mais plusieurs parents nous ont fait remarquer que ça ne se passait pas forcément comme ça chez eux", expliquent les Magasins U au Figaro. "Ça nous a fait réfléchir et on a décidé de mettre en scène ces situations dans notre catalogue." Sur Twitter, l'initiative est saluée. Y compris par certains élus et Pascale Boistard en personne, la secrétaire d'État chargée des Droits des femmes.

Cette initiative intervient une dizaine de jours après l'opération "Marre du rose" menée par plusieurs associations féministes qui ont distribué des tracts auprès de la clientèle de plusieurs magasins de jouets. Certains groupes font pourtant des efforts. A titre d'exemple, la Grande Récré a développé la gamme de jouets Tim&Lou qui propose des jouets unisexes.

En fin d'année dernière, la sénatrice Chantal Jouanno, présidente de la délégation sénatoriale aux droits des femmes, publiait un rapport sur les stéréotypes dans les jeux. Dix propositions pour "permettre que l'égalité et le vivre ensemble commencent avec les jouets". Si la bataille est prise au sérieux au plus haut niveau de l'Etat, elle est loin d'être gagnée. De nombreuses enseignes conservent toujours dans leurs rayons cette segmentation qui cantonne les enfants, dès le plus jeune âge, à des rôles stéréotypés.

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