"Nous refusons de payer le prix de la crise" : une "grève féministe" ce lundi 8 mars

"Nous refusons de payer le prix de la crise" : une "grève féministe" ce lundi 8 mars

COUP DE GUEULE - À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, une trentaine d'associations se mobilisent pour dénoncer les inégalités aggravées par la crise sanitaire depuis un an.

"On prend le pouvoir et on se bat pour nos droits", ce refrain devrait résonner dans les rues ce lundi, journée internationale des droits des femmes. Si la date est symbolique, les associations féministes, ONG et syndicats réclament des mesures concrètes. En plus d'appeler à manifester, ces organismes lancent un mouvement de grève. Les femmes sont appelées à arrêter de travailler à 15h40, heure après laquelle elles ne sont plus payées si on prend en compte une différence moyenne de salaire avec les hommes évaluée à 25%. 

L'objectif ? Sensibiliser la société sur la question des droits des femmes tout en interpellant le gouvernement sur cette question. "Le 8 mars, nous serons en grève avec les femmes du monde entier pour refuser toutes et tous ensemble de payer le prix de la crise avec notre travail, notre salaire, notre corps", ont déclaré lors d'une conférence de presse, les 37 organisations concernées. 

Parmi les motifs de revendications : égalités salariales, violences conjugales, agressions répétées ou encore invisibilité des femmes dans le monde du travail. Si les médias couvrent davantage ces questions, les féministes estiment que la sphère politique avance trop lentement sur ce sujet qu'elles considèrent urgent. Par exemple, elles demandent davantage de moyens. "Nous seront dans la rue pour réclamer un milliard pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles", est-il rédigé dans le communiqué mis en ligne par les organisations. 

Quelques chiffres à avoir en tête : lors du premier confinement, les signalements des violences conjugales avaient augmenté de 40% et de 60% lors du deuxième - pourtant moins strict. En 2020, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Au total, une femme sur trois subit du harcèlement sexuel au travail et 100% sont victimes des harcèlements de rues, selon les organisations. 

Et les inégalités ont été galvanisées par la crise sanitaire. Le Covid-19 a mis en lumière les écarts entre les hommes et les femmes qui sont pourtant indispensables au fonctionnement de la société alors qu'elles sont dévalorisées en permanence. Les "premières de cordées" occupent souvent les postes les plus exposés et les moins bien payés : elles sont majoritaires dans les emplois du soin, de la santé, de l'éducation, du nettoyage, du commerce. “L’épidémie a mis en lumière que les femmes étaient au front, en première ligne à travers différentes professions et aussi à la maison”, a fait valoir Mireille Stivala de la CGT Santé et action sociale, appelant à faire de ce jour “un levier pour les droits”.

Un levier pour les droits- Mireille Stivala, de la CGT Santé et action sociale

Au-delà du contexte sanitaire, le mouvement féministe connait un nouveau souffle. Dans le sillage de MeTooinceste ou de scienceporcs, les témoignages d'agressions sexuelles ou de viols ont déferlé sur les réseaux sociaux. Parmi celles qui ont brisé l'omerta, il y a Camille Kouchner, autrice de "La Familia Grande" dans lequel elle accuse son beau-père Olivier Duhamel d'avoir violé son frère âgé de 15 ans. L'affaire a permis de mettre en avant l'inceste - un crime subi par un enfant sur dix actuellement en France. À cela s'est greffé le mouvement Scienceporcs visant le président de Science Po, Frédéric Mion, qui était au courant de l'affaire Duhamel.

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À Paris, la manifestation partira à la mi-journée de Port Royal. Dans le cortège, d'autres organisations seront présentes dont celles représentant des sans-papiers ou encore les employées de McDonald's qui dénoncent les harcèlements et discriminations dont elles sont victimes au sein de la chaîne de fast-food américaine. 

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