VIDEO - Viols, gestes déplacés, exhibitions... Les femmes en première ligne des violences sexuelles

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DROITS DES FEMMES - A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publie une enquête intitulée "Les femmes, premières victimes déclarées de violences physiques et sexuelles". Les résultats sont glaçants.

Les violences commises à l'égard des femmes font régulièrement la une de l'actualité. Pour y faire face, des mesures de prévention ou encore des numéros d'appels d'urgence ont été mis en place, tandis que de nombreuses associations sont mobilisées pour dénoncer et mettre un terme à ce fléau.


Pour autant, les résultats de l'enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)*, rendus publics ce mercredi 8 mars à l'occasion de la Journée des droits des femmes, font froid dans le dos. Aujourd'hui encore, en effet, les femmes sont nettement plus exposées que les hommes aux agressions à caractère sexuel, et le sont davantage aux violences physiques ou aux menaces.

Les actes à caractère sexuel visent des femmes 3 fois sur 4

En moyenne, chaque année, lors des enquêtes menées entre 2008 et 2016, 1,7 million de femmes de 18 à 75 ans se sont déclarées victimes d’au moins un acte à caractère sexuel au cours des deux années précédant l’enquête (contre moins de 600 000 hommes) et plus de 2 millions au moins une fois de violences physiques ou menaces (moins de 2 millions pour les hommes). 


Les actes à caractère sexuel visent les femmes 3 fois sur 4, que ce soit dans le ménage ou en dehors (74 %). Ainsi, plus de 6 victimes sur 10 déclarant avoir subi au moins une exhibition sexuelle sont des femmes. De même, ces dernières représentent près de 8 victimes sur 10 de gestes déplacés.


En revanche, les violences physiques ou menaces touchent de façon à peu près égale les hommes (48 %) et les femmes (52 %). Elles représentent un peu moins des deux tiers des victimes de violences physiques par le conjoint (66%) et plus de 90% pour les violences sexuelles (viols, tentatives de viol, et autres agressions sexuelles) par le conjoint. Cette part dépasse aussi les 90% lorsqu’il s’agit des violences hors ménage commises par un ex-conjoint (91% pour les violences physiques et 93% pour les violences sexuelles).

Les femmes connaissent très souvent leur agresseur

L'étude de l'Observatoire montre également que les femmes sont plus souvent victimes de violences physiques (72%) ou sexuelles (92%) de la part d’un conjoint ou d’un ex.


Une des particularités des violences faites aux femmes réside dans la proximité de la victime avec l’agresseur. 80% des femmes victimes d’agression sexuelle connaissent l’auteur au moins de vue, sinon personnellement. Plus spécifiquement, dans le cas des violences sexuelles hors ménage, 7 femmes victimes sur 10 déclarent connaître personnellement ou de vue leur agresseur (contre 43 % des hommes). 


Parmi les femmes connaissant personnellement l’auteur des faits, 38 % signalent que ce dernier était leur ex-conjoint (14 % pour les hommes). Viennent ensuite les personnes faisant partie des relations proches (28% pour les femmes et 32 % pour les hommes).

 

Dans la rue et les transports en commun

Concernant les lieux des agressions, l'enquête relève que les gestes déplacés commis hors du ménage, tels que les caresses ou tentatives d'embrasser sans consentement, sont plutôt le fait d’un auteur connu personnellement ou de vue (64% des femmes victimes). Par ailleurs, ces actes sont perpétrés dans les lieux publics (14% dans la rue et 12% dans un transport en commun) et dans la sphère privée (15% au domicile de l’enquêtée et 13% dans le logement de quelqu’un d’autre). 


En outre, et contrairement aux autres atteintes sexuelles, les femmes sont victimes d’exhibition sexuelle dans la rue (35 %) ou dans un transport en commun (14%)

Le 3919, un numéro anonyme gratuit

Depuis le 1er janvier 2014, le 3919 est le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés.


Anonyme, accessible, gratuit depuis un poste fixe ou mobile en métropole, comme dans les départements d’outre-mer, ce numéro (7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés) garantit une écoute, une information, et, en fonction des demandes, une orientation adaptée vers les dispositifs locaux d’accompagnement et de prise en charge.


* Méthodologie : les enquêtes de victimation "Cadre de vie et sécurité" (CVS) sont menées conjointement par l’Insee et l’ONDRP depuis 2007, et avec le Service statistique ministériel de sécurité intérieur (SSMSI), depuis 2015. Chaque année, près de 15 000 ménages résidant en France métropolitaine sont interrogés sur les atteintes dont ils auraient pu être victimes au cours des deux dernières années. Dans cette étude, les résultats sont basés sur la compilation des enquêtes 2008 à 2016 permettant de présenter des résultats structurels.

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