L'image colorisée d'une adolescente tuée à Auschwitz interpelle et touche des milliers d'internautes

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L'HISTOIRE - Le 12 mars, le Mémorial d’Auschwitz a publié sur son compte Twitter la photo colorisée de Czesława Kwoka, une adolescente polonaise déportée en 1942. Le visage de cette jeune fille frêle et apeurée, tout à coup si proche de nous grâce à la couleur, a suscité une grande émotion.

Elle portait le numéro 26947. Czesława Kwoka, 14 ans, est arrivée à Auschwitz le 13 décembre 1942 dans un convoi de 318 femmes. Elle y est morte le 12 mars 1943. Rouée de coups par un garde puis tuée par une injection de phénol plantée droit dans son cœur. Les photos qui ont été prises de son visage pour le registre du camp d’extermination étaient jusque-là conservées dans les archives. Elles ont été exhumées par l’artiste brésilienne Marina Amaral. Émue par les clichés, désormais tombés dans le domaine public, elle les a colorisées, leur donnant une toute autre dimension.


Flottant dans sa grande veste rayée bleue et grise, la jeune fille nous soutient de son regard apeuré, perdu mais pourtant si pénétrant. Très amaigrie, les lèvres fendues après avoir été battue par un garde et les cheveux tondus, elle apparaît de profil, de face puis de trois-quarts. Ce triptyque en couleur fait ressortir avec une réalité crue les pans les plus sombres de notre histoire. La Shoah.

"Regardez les yeux de Czeslawa"

Le 12 mars dernier, soit 75 ans après sa mort, le mémorial d’Auschwitz a publié le travail de Marina Amaral sur Twitter. Il a tant touché qu’il s’est partagé près de 10.000 fois sur le réseau social. "Je poursuivrai mon travail parce que je crois vraiment au pouvoir de la colorisation de visages tels que Czeslawa et de tant d’autres. Comme je l’ai dit tant de fois, il est plus simple de s’identifier à ces personnes une fois qu’on les comprend et qu’on les voit comme de vrais êtres humains. Cela peut paraître absurde. Mais s’il est nécessaire de passer par là pour apprendre quelque chose et se sentir plus intimement concerné, alors ainsi soit-il", déclare l'artiste sur Twitter


"Tout vient du pouvoir qu’ont les couleurs à nous faire comprendre que ces gens, qui vivaient des centaines d’années avant nous, avaient aussi des familles, des amis et des rêves et ont vécu des moments difficiles – tout comme nous. Regardez les yeux de Czesława", ajoute-t-elle.

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REPORTAGE - Le camp d’Auschwitz, désormais un lieu de mémoire

La mère de la jeune polonaise, Katarzyna a elle aussi été déportée. Elle portait le numéro 26949 et est morte dans le camp d'Auschwitz le 18 février 1943. Trois semaines avant sa fille.

Ses photos n'ont pour le moment pas été colorisées.

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