Journée "île morte" à Mayotte : des milliers de personnes défilent contre la violence et l'insécurité

SOCIÉTÉ
MOUVEMENT SOCIAL - Plusieurs milliers de personnes ont participé mardi matin à une marche à Mayotte pour dénoncer la violence et l'insécurité dans l'île, dans le cadre d'une mobilisation citoyenne baptisée "île morte".

Ils étaient des milliers dans les rues de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Ce mardi, sur ce département français situé dans l'océan Indien, était organisé une journée "île morte". Les habitants entendaient dénoncer les violences et l'insécurité qui règnent dans ce jeune département français, où un homme a été mortellement agressé vendredi à l'arme blanche, après plusieurs nuits de violences urbaines.

A la suite d'un appel lancé sur les réseaux sociaux samedi, environ 2000 personnes, selon la préfecture, ont défilé dans le centre-ville. Dans le cortège, des familles, des salariés, des élus, de toutes origines. Le défilé se voulait une réaction à l'agression mortelle d'un métropolitain, poignardé par trois hommes alors qu'il allait chercher son fils à son cours de judo. L'un des agresseurs présumés, mineur, a été interpellé. Les deux autres suspects sont toujours recherchés.

Climat tendu

Cette agression est intervenue dans un climat tendu : un mouvement social pour réclamer l'égalité réelle avec la métropole a paralysé l'île avec des barrages routiers pendant plus de deux semaines. Un accord a fini par être trouvé vendredi avec le gouvernement et les barrages ont été suspendus. A ce conflit se sont greffées des violences urbaines menées par des jeunes souvent en déshérence, qui ont détruit durant plusieurs nuits habitations et voitures.

Le gouvernement a aussi annoncé des renforts de gendarmes. 42 doivent arriver sur le territoire en juillet, a dit le préfet de Mayotte lundi, à l'issue d'une réunion de crise à huis-clos. Une deuxième réunion exceptionnelle était prévue mardi.  Mayotte est confrontée à une forte croissance démographique (la moitié des 220.000 habitants a moins de 17,5 ans), à une importante pression migratoire (dont plusieurs dizaines de milliers de clandestins venus des Comores, situées à 70 km de Mayotte), et à un taux de chômage très élevé (36,6%). L'île connaît surtout une délinquance juvénile importante: un tiers des actes de délinquance sont imputables à des mineurs. Le procureur Joël Garrigue a prédit un "cataclysme" en 2017 si cette délinquance continuait d'augmenter.

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