8 mars, 15h40 : les femmes sont appelées à faire grève

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JOURNEE DE LUTTE - Associations de défense des droits des femmes et syndicats s'allient pour appeler les femmes à quitter leur poste de travail, vendredi 8 mars à 15h40. Soit l'heure à partir de laquelle, dans une journée normale, les femmes "travaillent gratuitement".

26%. C'est le chiffre qui revient, pour mesurer l'écart moyen de rémunération entre les hommes et femmes, symbole ultime pour mesurer les inégalités salariales entre les deux sexes. Un chiffre régulièrement dénoncé en France, et qui se resserre d'année en année. Mais à un tel rythme que, s'il ne s'accélérait pas, il faudrait attendre... 169 ans pour atteindre l'égalité.

A l'origine, le 7 novembre, 16h34

Un écart persistant, mais contre lequel les actions concrètes se sont progressivement mises en place. Cela a changé en novembre 2016, quand Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe Les Glorieuses, a lancé aux femmes un appel à cesser le travail, le 7 novembre à 17h34. Une action inspirée de l'Islande, où les femmes étaient descendues dans la rue pour protester contre les inégalités de salaire. "Cette date avait été choisie parce qu'à partir de ce moment-là, les femmes travaillaient gratuitement", rappelait alors la jeune femme à LCI.


Le mouvement a surpris son initiatrice par sa spontanéité et sa viralité, générant un grand intérêt de la part des sites web d'information (ici, ici et ici). "Mais je n'ai pas eu de chiffres du nombre de personnes à avoir cessé de travailler ce jour-là." Faute d'organisation syndicale en appui, aucun préavis n'avait été déposé et les débrayages étaient restés seulement symboliques. Les choses ont changé après la Women's March du 21 au janvier, au lendemain de l'investiture de Donald Trump, suite à laquelle les organisatrices avaient lancé un appel à la grève le 8 mars.

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Cinq chiffres sur l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes

8 mars, 15h40, on débraye

Les choses ont ensuite pris un tour un peu plus précis en France, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Les Glorieuses, avec 28 autres associations féministes, trois syndicats et quatre ONG, avaient lancé un appel à la grève à partir de 15h40, le 8 mars 2017. "Pour une journée normale, commencée à 9 h et finie à 17h (avec une heure de pause, ndlr), c'est l'heure à partir de laquelle une femme travaille gratuitement", indiquait alors à LCI Sophie Binet, en charge de l'égalité femmes/hommes à la CGT. Un chiffre qui s'explique par quatre facteurs, continuait-elle : "Des métiers à prédominance féminine qui sont dévalorisés, la part variable de la rémunération qui va généralement en faveur des hommes, les temps partiels qui sont l'apanage des femmes et les évolutions de carrières." La situation ne devrait pas s'arranger puisque l'année 2019 a par exemple vu la part de femmes aux postes d'encadrement passer de 24% à 19%.


Rebelote, vendredi 8 mars 2019 où, à la même heure, l'arrêt du travail se déroulera de la même façon que pour n'importe quelle grève, avec un débrayage à l'heure dite pour l'essentiel : "Nous appelons tous les salariés, toutes les femmes, et les hommes aussi, à agir en arrêtant de travailler, en annonçant la couleur et en portant un foulard violet pour dire qu'il n'est plus possible que les femmes soient concentrés dans les métiers les moins bien rémunérés, que 30% des femmes soient enfermées dans des emplois à temps partiel, que 30% des femmes soient victimes de harcèlement au travail", précise Sophie Binet. Sur Twitter, le hashtag #8mars15h40 a déjà commencé à ponctuer les messages. Outre les débrayages, des rassemblements sont prévus "devant des préfectures, où seront remises des revendications aux préfets". Sur le site 8mars15h40, 170 actions sont répertoriées.

A poste égal, l'inégalité persiste

Au-delà du chiffre symbolique des 26% d'écart de rémunération globale, on note également une persistance des écarts salariaux à poste et compétence égale : 9%, selon les derniers chiffres du ministère du Travail. Et ce, malgré le fait que cette discrimination soit interdite par la loi depuis 46 ans. Un gap auquel entend s'attaquer le gouvernement à travers la mise en place dans les entreprises d'un index portant sur les salaires, depuis le vendredi 1er mars, en dépit des insuffisances apparentes du dispositif.

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