Journée mondiale du bonheur : pour être heureux, passez au "lykke"

SOCIÉTÉ

TENDANCE - Et s'il suffisait d'imiter les gens heureux pour le devenir ? Un peu simpliste ? Pas vraiment si l'on en croit Meik Wiking. Dans son livre du "lykke" (prononcer Lu-Keu), celui qui a vanté les mérites du "bonheur à la danoise", s'est intéressé cette fois à tout ce qui rend heureux à travers le monde. Des conseils à tester d'urgence !

Etre heureux... Le souhait de tout le monde. Mais les esprits grincheux diront que face à la morosité ambiante, il est difficile d'avoir le coeur joyeux. HALTE LÀ ! Selon Meik Wiking, le fondateur de l'Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague, il suffit de posséder quelques clés pour atteindre cet état de plénitude. Des clés glanées aux quatre coins du globe et qu'il a retranscrites dans le Livre du Lykke (prononcer Lu-Keu), qui est paru en janvier dernier aux Editions First.

Après avoir prôné les bienfaits du "hygge", cet art de vivre cher aux Danois, censés être les plus heureux du monde, Meik Wiking en est désormais sûr, le bonheur n'est pas seulement une affaire de bougies et de grosses chaussettes. "Que l'on habite Rio ou Tokyo, les clés du bonheur se cachent partout sur la planète, encore faut-il savoir s'en inspirer", explique-t-il à LCI.

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Tendance : le "hygge", recette du bonheur à la danoise, fait de plus en plus d'adeptes

Notre richesse ne se mesure pas à la taille de notre compte en banque mais à la force de nos relations.- Meik Wiking

Car le bonheur est finalement une notion bien complexe. Plusieurs facteurs ont une incidence, dont certains sont totalement indépendants de notre volonté : "Il y a d'abord la génétique et là-dessus on ne peut pas grand chose. On est plus ou moins prédisposé à être heureux, c'est scientifiquement prouvé, détaille Meik Wiking. Les politiques sociales jouent également un rôle : avoir un bon système éducatif, l'opportunité de choisir sa carrière, un accès aux soins gratuits... Et puis il y a ce que l'on fait de sa propre vie, le métier que l'on choisit, sa vie affective... Résultat, chacun est différent face au bonheur".

Alors que peut-on apprendre des différents pays du monde en la matière ? "Par exemple, que notre richesse ne se mesure pas à la taille de notre compte en banque mais à la force de nos relations, avance notre scientifique. On sait maintenant que les pays les plus heureux ont un fort sens de la communauté. Ce n'est ainsi pas du tout un hasard si les Danois comptent à la fois parmi les plus heureux du monde, et parmi ceux qui passent le plus de temps avec leurs familles et amis." Et pourtant le Danemark a l'un des taux d'imposition les plus hauts du monde ! "Mais nous ne payons pas d'impôts, nous achetons une qualité de vie. Nous investissons dans notre communauté", répond Meik Wiking.

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L'énigme du bonheur français

Autre paradoxe, la France se classe 39e pays sur 155 en terme de bonheur, alors que beaucoup d'indicateurs montrent qu'elle devrait être beaucoup plus haut dans le palmarès. "C'est ce qu'on appelle l'énigme du bonheur français, explique le chercheur. Certains diront que les Français adorent se plaindre, mais ce n'est pas une attitude spécifique à la France. En revanche, j'adhère davantage à la théorie d'une économiste, Claudia Sénik, qui pense que tout vient du système éducatif où dès le plus jeune âge, les élèves sont classés. On leur apprend à se comparer continuellement les uns aux autres et notamment avec ceux qui sont mieux lotis."

"Du coup, à l'âge adulte, on a tendance à moins apprécier sa propre vie. Ainsi, faites le test : si vous gagnez 50.000 euros par an, vous serez plus heureux si la moyenne des autres habitants est à 20.000 euros. En revanche, vous serez malheureux de gagner 100.000 euros par an, si les autres habitants gagnent 200.000 euros", s'amuse Meik Wiking.

On le voit le bonheur n'est pas une science exacte. Il est rempli de facteurs incontrôlables et de contradictions. Pour autant, il existe bel et bien plein de petits trucs pour être heureux au quotidien. Voici quelques idées piochées dans le monde entier par notre chercheur de "lykke" ("bonheur" en danois). A consommer sans modération...

Faites l'effort de parler à vos voisins comme aux Pays-Bas

Un proverbe néerlandais dit : "il vaut mieux avoir un bon voisin qu'un ami distant". Alors, ni une, ni deux, allez frapper à leurs portes et présentez-vous. Ou pour les plus timides, glissez un formulaire à remplir dans toutes les boîtes aux lettres. Demandez leur nom, comment les joindre, et pourquoi ne pas ajouter un questionnaire pour mieux vous connaître tous : seriez-vous d'accord pour garder un chien ou un chat ? Quel est votre livre préféré ? Combien de langues parlez-vous ? Qui s'y connaît en informatique ? Qui sait changer une roue ?

Autre idée : installez une boîte à livres dans votre cage d'escalier. Un moyen simple de lancer la conversation et de créer une mini-bibliothèque sur le principe "je prends un livre, je laisse un livre". Un catalogue d'outils à partager est aussi un excellent prétexte pour apprendre à connaître ses voisins. Surtout quand on sait, qu'en moyenne, une perceuse électrique n'est utilisée que quelques minutes par an, aucun besoin d'en avoir tous une chez soi.

Construisez un jardin partagé comme aux Etats-Unis

L'exemple de la ville de Detroit aux Etats-Unis est frappant : après la crise financière qui a détruit l'économie, les habitants ont commencé à créer des jardins partagés partout dans la ville, ce qui en fait à ce jour un des plus grands mouvements d'agriculture urbaine du monde. Ce n'est bien sûr pas une recette miracle qui guérit la dépression mais c'est un bon moyen de cultiver son sens de la communauté qui, on l'a vu, rend plus heureux. En plus, beaucoup d'études suggèrent que le jardinage est très bon pour notre santé mentale.

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Dans l'Hérault, les jardins partagés se réveillent

Déplacez-vous à pied ou à vélo comme en Colombie

Un groupe de scientifiques de l'Université McGill à Montréal a découvert que la plus grande satisfaction était ressentie par ceux qui pouvaient aller au travail à pied, alors que ceux qui devaient s'y rendre en bus étaient les moins satisfaits. Ce n'est pas non plus une coïncidence, si parmi les villes les plus agréables à vivre du monde, selon le classement établi par Monocle et Mercer, la plupart sont aussi celles où le vélo a le plus sa place. "Un pays développé n'est pas un endroit où les pauvres ont des voitures. C'est là où les riches utilisent les transports en commun. C'est là où les riches marchent et font du vélo." Ces mots sont ceux de Guillermo Penalosa, l'ancien responsable des Parcs, Sports et Loisirs de la ville de Bogota en Colombie. Et il sait de quoi il parle puisqu'il a lancé dans sa ville une initiative originale, Ciclovia. Chaque dimanche, plus de 100 kilomètres de rues sont fermées aux voitures et deviennent des voies cyclables et piétonnes. Plus d'un million de personnes en profitent. 

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Faites un "bain de forêt" comme au Japon

Shinrin-Yoku en japonais se traduit littéralement par "bain de forêt". C'est une pratique différente de la randonnée car il s'agit de s'imprégner de toutes les images, les odeurs et les bruits d'un paysage naturel, et de stimuler tous nos sens. Le Pr Qing Li de l'Ecole médicale de santé japonaise à Tokyo a étudié les effets du shinrin-yoku et a découvert que cette pratique réduit le niveau de cortisol (hormone du stress) dans le sang et stimule le système immunitaire. Aujourd'hui, des millions de Japonais parcourent les quarante-huit chemins de "forêt-thérapie".

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Adoptez des grands-parents comme au Danemark

Généralement, les études sur le bonheur prouvent que les parents sont moins heureux que les non-parents. En cause, la perte de liberté. Un sentiment vite estompé dans les pays qui proposent les meilleures politiques familiales, comme par exemple les pays scandinaves. Néanmoins, les parents les plus heureux se trouvent au Portugal. Pour quelle raison, nous direz-vous ? Parce-que là-bas, les grands-parents jouent un rôle de soutien fondamental pour les parents, et s'occupent activement de leurs petits-enfants. Plusieurs villes du Danemark ont décidé de s'en inspirer et ont créé un "système de grands-parents de coeur", dans lequel des seniors bénévoles se proposent pour devenir grands-parents adoptifs d'une famille choisie. A votre tour de trouver qui ferait de bons grands-parents de coeur !

Devenez un ambassadeur de la gentillesse comme au Brésil

Rio de Janeiro au Brésil se révèle être la ville avec les habitants les plus gentils du monde. L'explication en serait scientifique. Ainsi, selon une étude parue dans American Scientist, dans les sociétés où les gens prennent le temps de vivre, ils offrent leur aide d'une manière plus gentille. A Rio, si une personne fait tomber son stylo dans la rue, les passants la suivent pour le lui rendre alors qu'à New York, ils lui crient que son stylo est tombé mais continuent de marcher. Devenez vous aussi membre de cette communauté mondiale de la bonté en vous inscrivant, par exemple, sur le site randomactsofkindness.org. Vous pouvez aussi commencer petit en aidant un touriste à trouver son chemin, ou en donnant un livre que vous avez aimé.

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Fort de toutes ces expériences, il ne vous reste plus qu'à adopter des modes de vie similaire. "Et surtout, trouvez comment vous pouvez avoir un effet positif sur votre monde", renchérit Meik Wiking qui a lancé le hashtag #Look4Lykke sur les réseaux sociaux afin de continuer à collecter encore plus de bonnes idées et de poursuivre cette quête du bonheur.

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