La maire de Calais dénonce la "réinstallation d'une mafia" pour permettre aux "migrants de prendre d'assaut la rocade"

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INTERVIEW - Alors que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est en déplacement à Calais huit mois après le démantèlement de la "Jungle", la maire de la ville Natacha Bouchard estime que la zone est "dangereuse" et dénonce la "réinstallation d'une mafia" autour de la rocade.

"Il faut beaucoup de fermeté et un dispositif permanent installé sur l'ensemble du territoire". La maire de Calais Nathalie Bouchard a vivement interpellé Gérard Collomb, en visite dans cette ville portuaire du Nord de la France ce vendredi. Le ministre de l'Intérieur doit y rencontrer les élus, les forces de l'ordre ainsi que les représentants du monde économique et associatif pour évoquer la situation migratoire huit mois après le démantèlement de la "Jungle".


Interrogée par LCI, Natacha Bouchard s'est réjouie de la visite du ministre, "une nouvelle rassurante pour l'ensemble de la ville de Calais et les Calaisiens". Elle assure toutefois attendre "des faits et des actes" qui permettront d'éviter l'apparition de nouveaux "points de fixation". "Je veux qu'il comprenne en un temps restreint ce que nous avons vécu durant ces deux dernières années, lui faire comprendre que tous les dispositifs successivement mis en place se sont soldés par des échecs."


Dans une interview au journal Nord Littoral, Gérard Collomb a dit son opposition à toute ouverture de centre pour migrants à Calais. "A chaque fois qu'on a construit un centre, il y a eu appel d'air", a-t-il ajouté sur place ce vendredi. Une visite ministérielle qui intervient quelques jours après le décès d'un chauffeur dans un accident provoqué par un barrage de migrants sur l'autoroute A16, une première dans le Calaisis. 

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Calais : un barrage de migrants sur l'A16 provoque la mort d'un conducteur

Il faut un dispositif puissant pour permettre de démanteler les réseaux de passeursNatacha Nouchard, maire de Calais

Pour Natacha Bouchard, qui estime que cette zone est aujourd'hui "dangereuse", cet accident est le signe de la "réinstallation d'une mafia" autour de la rocade. "Il y a une organisation professionnelle qui est créée pour permettre aux migrants de prendre d'assaut la rocade", a lâché la maire à LCI. De qui est-elle composée ? "Des passeurs, des activistes, des 'no borders', nombreux sur le territoire entre Calais et Dunkerque."

Avant de conclure, visiblement agacée : "Il faut un dispositif puissant pour permettre de démanteler les réseaux de passeurs et faire en sorte que ces commandos qui sont en train de s'organiser pour attaquer notre rocade puisse être entièrement dispersés". Gérard Collomb doit déjeuner ce vendredi midi avec elle, le président du conseil régional Xavier Bertrand, le président du conseil départemental Michel Dagbert et le député Pierre-Henri Dumont.


Huit mois après le démantèlement de la "Jungle", vaste bidonville où vivaient quelque 7000 migrants évacués fin octobre, plusieurs centaines d'Érythréens, Afghans et Soudanais errent de nouveau aux alentours de Calais.

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