"Knee defender", le gadget qui crée des turbulences dans les avions

SOCIÉTÉ

POLEMIQUE - Les incidents autour des sièges inclinables dans les avions se sont multipliés ces dernières années. Pour remédier à cet espace vital en péril, un Américain a inventé "le knee defender". Mais loin d'apaiser les esprits, le gadget crée de nouvelles turbulences.

La "guerre des genoux" est déclarée dans le ciel mondial. Jeudi, le vol Miami-Paris a été dérouté pour cause de passager français furieux de voir son voisin devant lui incliner son dossier. Un cas loin d'être isolé, les incidents autour des sièges inclinables dans les avions se multipliant. Dans ce conflit de l'espace, une arme de défense massive a fait son apparition : le "knee defender", littéralement protecteur de genoux, disponible sur Internet pour 22 dollars. Symptôme du malaise grandissant, les ventes de ces pinces, que l'on coince sur les bras de sa tablette, bloquant ainsi l'inclinaison du siège de devant, ont explosé ces derniers jours.

"Nous avons multiplié notre trafic Internet par 500. Les gens voyagent plus, sur des avions de plus en plus bondés, l'espace se rétrécit et les compagnies aériennes continuent à fournir des sièges inclinables", fait valoir Ira Goldman, l'inventeur du gadget diabolique. Avec ses 150.000 kilomètres aériens annuels au compteur, l'homme d'affaires d'1m92 en avait assez de voir l'espace vital de ses jambes réduit au fil des années.

Knee defender contre verre d'eau

Mais loin d'apaiser les esprits, le "knee defender" a créé de nouvelles turbulences. La semaine dernière, un vol de la compagnie américaine United Airlines, reliant New York à Denver, en a fait les frais. Un passager qui souhaitait travailler sur son ordinateur a installé les pinces redoutables. En colère, sa voisine a fini par lui jeter un verre d'eau à la figure. La suite s'est terminée par un atterrissage d'urgence pour débarquer les deux fauteurs de trouble.

Par mesure de précaution, les compagnies américaines ont d'ores et déjà interdit l'objet de la discorde. D'autres, comme Easyjet ou RyanAir, ont tout simplement renoncé aux sièges inclinables pour les courts trajets. Mais si ces affaires peuvent prêter à sourire, leur origine pourrait bien faire grincer des dents. Selon une enquête publiée en 2013 par le Wall Street Journal, la norme entre les sièges pour les long-courriers en classe économique est passée de 47 centimètres à 43 en moins de dix ans pour... offrir plus de confort aux genoux des classes affaires.

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