L'histoire derrière la photo du policier et du petit réfugié

L'histoire derrière la photo du policier et du petit réfugié
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COUP D'OEIL - Le journaliste et rédacteur en chef de Vice News France a capturé en photo le saisissant face-à-face entre un CRS et un enfant réfugié, lors d'une opération policière à Paris. Il explique les coulisses de cette image à LCI.

Sur un bout de trottoir parisien, un duo inattendu. Vendredi 28 octobre, le journaliste Etienne Rouillon a immortalisé un bref face-à-face entre un enfant réfugié et un CRS en tenue d’intervention, lors d’une opération de police dans un campement de fortune, au nord de la capitale. 


Un cliché saisissant, où ce policier aux allures de géant, bouclier baissé et bras tendu, semble indiquer au bambin, curieux mais calme, les épaules un peu tombantes, de rester à l’écart des opérations. Et alors qu’au nord du pays, l’évacuation hyper médiatisée de la "jungle" de Calais envoie ses images de misère, cette photo, elle non plus, ne peut laisser indifférent. Depuis sa publication sur Vice News en fin de matinée ce vendredi, elle suscite de nombreuses réactions et circule en boucle, notamment sur les réseaux sociaux.

Rédacteur en chef de Vice News France, Etienne Rouillon a accepté de revenir sur les coulisses de cette image pour LCI.  Il explique ainsi : "La photo a été prise un peu après 9 heures, ce vendredi matin, à l’angle de l’avenue de Flandre et de la rue de Soissons. Je me suis arrêté devant l’opération, c’est sur le trajet entre mon domicile et nos bureaux. J’ai toujours un appareil photo dans mon sac. Je n’étais pas au courant de l’opération mais une fois par semaine depuis la rentrée, l’avenue est bloquée pour ce type d’intervention de la police."


A propos de ce petit garçon, dont le journaliste ignore ce qu’il est devenu depuis, il ajoute : "Il était là avec une femme qui pourrait être sa mère, assise sur un sac contenant leurs affaires. Ils attendaient avec de nombreux migrants face au car de la police. Je reculais sur l’avenue pour avoir une vue d’ensemble, quand je l’ai vu s’avancer vers le policier. Le policier est allé à sa rencontre pour lui dire de retourner sur le trottoir, ce qu’a fait l’enfant. La scène a duré peut-être dix secondes, c’était un moment très calme. Le policier était souriant, plutôt gentil."

"Une photo comme on en prend beaucoup"

Et parce que ce type d’opération policière est devenu une vision quotidienne dans les différents campements de la capitale, le journaliste avoue ne pas avoir saisi, sur le moment, le caractère particulier de cette image. "C’est une photo comme on en prend beaucoup depuis des mois. Même composition, mêmes éléments, même lieu. La différence, c’est que l’enfant est seul, et que le fond est assez dégagé, bouché par le car de police. Cela isole les deux personnes, ça rend la photo plus lisible. C’est en montant l’article que je me suis dit qu’elle était plus importante que la simple imagerie du 'policier suréquipé face à l’enfant faible'. Elle montre qu’il y a bien des enfants pris dans cette crise migratoire et qu’elle se joue au cœur de Paris."

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