L'Île-de-France paralysée par la neige : le "cauchemar" pour une société de transport de sang et d'organes

DirectLCI
INTEMPÉRIES - Depuis lundi, la neige paralyse l’Île-de-France ainsi que des centaines d'entreprises. Parmi elles : une société de transports de sang et d'organes, qui peine à assurer son activité et tire la sonnette d'alarme.

"Un véritable cauchemar". Pour Frédéric Peyre, le directeur général d'Assistance Pharma Presto, une société spécialisée dans le transport de sang et d'organes, la situation est catastrophique. Depuis quelques jours, la neige perturbe fortement la circulation - l'Ile-de-France a comptabilisé mardi soir plus de 700 kilomètres de bouchons – et avec elle, toute son activité. "Le problème dans ce type de transport, c’est que derrière, c'est toute la chaîne s’enraille", autrement dit "des patients qui attendent des produits pour aller mieux" et qui ne les auront pas. 


"On ne refuse aucune livraison, nous précise Frédéric Peyre. Mais on discute avec les médecins et les blocs pour connaitre les priorités. C'est du cas par cas." Les professionnels de santé arrivent pour le moment à gérer les priorités. Pour les y aider, des points réguliers sont établis dans les 39 hôpitaux de l'APHP "afin de relever les éventuelles difficultés d’organisation et d’approvisionnement rencontrées", nous indique la direction, dans un communiqué. "Les approvisionnements (…) et les transports de patients ont pu, pour le moment, être organisés en tenant compte des restrictions de circulation." Mais si les problèmes perdurent, les choses pourraient s'aggraver. "Il y a des opérations de 'confort', entre guillemets, demain vous vous faites opérer de la hanche, ce n’est pas très grave, on peut reporter de 48 heures, explique le spécialiste du transport. Mais dans le cas d'un accouchement difficile ou d'un pontage cardiaque, là…"

Vous avez beau mettre vos sirènes, votre véhicule ne se transforme pas en hélicoptèreFrédéric Peyre

Pourtant, les équipements d'urgence sont pensés pour faire face à toutes les situations : "On a des gyrophares, on peut prendre les couloirs de bus, nos véhicules 4 roues ont des pneus adaptés". Alors qu'est-ce qui bloque ? "Le problème, c’est que, quand vous vous retrouvez sur une route complètement bouchée, vous avez beau mettre vos sirènes, votre véhicule ne se transforme pas en hélicoptère." C'est ce qui est arrivé à plusieurs salariés de la société. "Le cauchemar a commencé mardi, lâche le gérant. On a trois chauffeurs qui ont dormi dans leur voiture sur la N118", cette nationale au sud-ouest de Paris, totalement bloquée dans la nuit de lundi à mardi. 

Les 20 motards de l'entreprise ne sont pas forcément mieux lotis. Moins bien équipés pour la conduite en neige, des chauffeurs ont été "piégés" après une livraison à l'hôpital Mignot de Versailles. Certains sont repartis "par leurs propres moyens", d'autres "ont dormi directement sur place, aux urgences". "Mes équipes ont fait preuve d’énormément de professionnalisme, parce qu’ils ont bien conscience que derrière, il y a des patients, se félicite Frédéric Peyre. Mais ça reste très compliqué. Et les jours à venir ne présagent pas d'une amélioration". "On appréhende parce qu'ils annoncent une chute des températures et forcément ça annonce du verglas", craint-il.

Interdire la circulation des usagers classiques ?

Pour ce chef d'entreprise à la tête de 60 salariés, tout le monde a bien conscience de la situation et chacun tente de faire au mieux mais il pointe du doigt un acteur : l'Etat. "J’ai été stupéfait que sur un épisode neigeux qui était quand même, relativement annoncé, les autorités ne soient pas au rendez-vous." Il propose notamment d'interdire "par arrêté préfectoral aux usagers classiques de prendre leur voiture". Pas sûr que cette solution convienne à tout le monde.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter