L214, contrôles : les questions que pose le scandale des abattoirs

SOCIÉTÉ

POLEMIQUE - Après les abattoirs d’Alès et de Vigan (Gard), c’est au tour de celui de Mauléon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlantiques, d’être au cœur de la polémique. Pour la troisième fois en cinq mois, l’association L214 révèle des maltraitances sur les animaux en abattoirs. Images édifiantes à l'appui.

► Que sait-on de l’association L214 ?
Fondée en 2008 par deux "vegans", qui ne mangent ni viande, ni produit d’origine animale, l’association tient son nom de l’article L214 du Code rural, qui désigne les animaux comme des êtres sensibles. L’association, qui revendique près de 10 000 membres, s’est fait connaître en dévoilant des vidéos chocs, pour dénoncer les conditions de gavages d’oies, pour produire du foie gras.

Mais ses méthodes de caméras cachées interpellent. Le directeur général de la Fédération nationale des exploitants d’abattoirs prestataires de service ( FNEAP), André Eloi, affirme sur France Info s’interroger sur "l’honnêteté des images". Il se dit "surpris par l’habillement (…) d’un salarié qui s’en donne à cœur joie dans la perversion et le sadisme et qui porte une cagoule". Concernant l'abattoir de Mauléon-Licharre, il appelle le responsable à déposer plainte "pour effraction".

► Ces cas sont-ils isolés ?
L214 a révélé trois cas de maltraitance animale dans des laboratoires en cinq mois. Et ce ne sont pas les premiers. En 2008, un militant de l’association dévoilait déjà, vidéo à l’appui, les conditions d’abattage dans un entrepôt Charal, à Metz.
En juin 2014, L214 publiait une vidéo tournée dans un élevage de lapins du Morbihan pour dénoncer leurs conditions de vie.

Après le scandale de l'abattoir de Mauléon-Licharre, le directeur général de la FNEAP, André Eloi, estime que "ce sont deux comportements de salariés totalement isolés". "Chaque fois on tombe sur des exceptions c'est quand même bizarre", lui répond Brigitte Gothière, porte-parole de L214.

► Quelles solutions sont envisagées ?
Sitôt le scandale de Mauléon-Licharre révélé, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a ordonné aux préfets de procéder à l’inspection de tous les abattoirs dans un délai d’un mois. La Fondation Brigitte Bardot, et le député Yves Jégo (UDI) notamment, ont demandé l’installation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, afin de contrôler d’éventuelles dérives. L’association L214 a envoyé une pétition au Premier ministre Manuel Valls pour demander "une transparence effective" dans les abattoirs.

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